Valparaiso renaît de ses cendres

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Jeudi 12 juin 2014

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Valparaiso renaît de ses cendres
Deux mois après le gigantesque incendie qui a détruit 2.900 habitations et fait plus de 11.000 sinistrés, le Chili reconstruit les hauteurs de Valparaiso à marche forcée. Alors que s'annonce un hiver particulièrement rigoureux, les sinistrés peuvent compter sur une jeunesse solidaire.

« C’est aux jeunes qu’on doit le plus ! Le soutien qu’ils viennent tous les jours nous offrir, laissant de côté leur famille, laissant de côté leurs études, les copains, pour consacrer leur temps à nous aider, c’est exemplaire ! La jeunesse a été extraordinaire. » La gratitude se lit sur toutes les lèvres des sinistrés de l'incendie de Valparaiso.

Le 12 avril dernier, les flammes attisées par des vents violents ravagent des centaines des milliers d'habitations, dans cette ville du nord du pays classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Immédiatement, les images télévisées déclenchent un formidable élan de solidarité. Des milliers de jeunes affluent au port de Valparaiso, pour aider les sinistrés à dégager les décombres. Deux mois plus tard, ils sont moins nombreux, mais toujours présents. Isabel, 22 ans, sèche ses études de sociologie pour donner un coup de main.

L’idée c’est de monter jusqu’à la partie appelée Le Verger, sur la colline dite La Croix, et voir sur le terrain qui a besoin le plus d’aide. Même si beaucoup de bénévoles ont apporté leur soutien et qu’il y a beaucoup de moyens mis en œuvre là-haut, ce n’est jamais suffisant. La catastrophe a été trop immense.


Gueule de bois / CC Flickr Pato Novoa


En lieu et place des maisons calcinées se dressent des abris de fortune, des cabanons de 18 m2 sans eau ni électricité, dont les matériaux sont fournis par le gouvernement. Charge aux sinistrés de les construire eux même. Nicolas Avalos, étudiant à Valparaiso, leur apporte son aide.

Cette semaine, je suis venu tous les jours pour aider les plus jeunes qui ne savent pas toujours construire ces cabanons. Moi, c’est le troisième que j’aide à construire. On manque de bénévoles parce qu’il y a beaucoup de matériel de construction qui arrive et les gens ne peuvent pas les construire tout seuls.


L'arrivée des renforts / CC Flickr MagneticArts

Le montage d'un cabanon mobilise quatre personnes pendant deux jours. Les sinistrés manquent de bras et même avec l'aide des bénévoles, ces habitations de fortune montrent leurs limites. Alors Sergio, 22 ans, a lui même réuni des fonds pour monter son propre abri d'urgence :

L’aide du gouvernement est très lente et les cabanes qu’ils fournissent ne sont pas appropriées. Elles ne sont pas isolés à l’intérieur. Regarde celle du gouvernement et regarde celle qu’on a construite ! La nôtre est isolée à l’intérieur, on va isoler le plafond aussi, et il y a l’électricité. Tout y est !


Coup de main / CC Flickr MagneticArts
 

Après les flammes, la pluie, le vent et le froid de l’hiver sont les nouvelles plaies des sinistrés. Entre la mauvaise qualité des matériaux et le manque d’expérience en construction de certains bénévoles, de nombreux cabanons s’inondent ou voient leur toit emporté par les bourrasques.

Si la solidarité réchauffe les cœurs, il faudra bien plus pour supporter les frimas de l'hiver.

Reportage pour le Mouv de Claire Martin. Mise en page : Sébastien Sabiron.


 

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