Un réseau social dans le métro

Rien à voir Lundi 15 septembre 2014

Réécoute
Un réseau social dans le métro
Un étudiant voudrait que les parisiens puissent se rencontrer et discuter dans le métro grâce au port d'un badge dédié.

 

Avant de vous dire de quoi je vais parler aujourd'hui, vous allez savoir ce à quoi vous avez échappé et du coup mieux savourer ma thématique du jour. En tout cas, c'est l'idée...

Sécrétions

Aujourd'hui et pour des raisons évidentes, je ne parlerais pas de cet article du site "Vice" qui rapporte le témoignage d'une femme qui a trouvé un moyen totalement bio, totalement naturel, totalement éco-responsable et totalement dégueulasse de faire pousser ses laitues: elle utilise l'une de ses sécrétions corporelles (je vous laisse deviner laquelle) comme engrais pour son petit potager personnel.

Et je précise que "petit potager personnel", ce n'est pas une métaphore pour désigner l'intimité de la dame, mais bien les crudités qu'elle fait pousser sur son balcon avant de les servir à ses convives.


Je ne parlerai pas non plus de la course caricative qui s'est déroulée ce week-end, le fameux marathon "La Parisienne" entièrement réservé aux femmes et qui reverse 2% de ces bénéfices à la recherche contre le cancer. Les femmes qui auront eu l'idée saugrenue de se lever aux aurores pour courir six kilomètres alors qu'il y a Malcolm sur W9 ont en effet eu la désagréable surprise de découvrir que dans la petite pochette de goodies offerte aux participants, on pouvait trouver un échantillon de serviette pour incontinence urinaire et un mini-sachet de produit vaisselle.

Je ne m'étendrais pas sur le sujet, mais un conseil tout de même aux organisateurs: la prochaine fois, collez direct une machine à pain et un kit d'épisiotomie dans la pochette, le message sera encore plus limpide.  

Rencontres dans le métro

Passons plutôt au sujet que j'ai retenu pour cette chronique du jour: c'est une idée lumineuse, pleine de bonnes intentions, mais qui manque peut-être un tout petit peu de pragmatisme: il s'agit d'un projet visant à faciliter les rencontres impromptues dans le métro.

Ca s'appelle "Unexpected community". Un étudiant parisien s'est dit qu'il fallait transcender les transports en commun en en faisant un lieu de rencontres privilégiées. Pour faire ces rencontres, l'idée est de porter un badge " unexpected community" : les membres du club pourront donc se reconnaitre et engager la conversation dans une rame de métro.

 

C'est encore au stade de projet, Alexandre, son créateur a lancé une campagne de financement participatif sur MyMajorCompany. Le but est de récolter 5.500 euros pour fabriquer 10.000 badges et à terme des badges personnalisés en fonction des centres d'intérêts de chacun.

Et j'avoue que je suis un peu partagée sur la question. Donc j'ai fait une colonne des "pour" et une colonne des "contre" afin de trancher.

Dans la colonne des "pour", il y a le fait qu'en ces temps incertains où chacun se replie sur lui-même, toute initiave visant a inverser la tendance est évidemment la bienvenue.

Dans la colonne des "contre", il y a d'abord le fait que le métro est tout de même l'équivalent terrestre des Gorges de l'enfer: frotteurs, agressions, vols de portables, reprises de l'"Aigle Noir" à la flûte de pan par un quintet guatemaltèque...


Par ailleurs, je me suis remémorée mes derniers trajets en métro et je me suis demandée avec qui et quand j'aurais pu me faire de nouveaux copain.

Etait-ce vendredi dernier, sur la ligne 13, 8h30 à ce moment précis où tu es si proche physiquement d'un autre voyageur que tu pourrais parfaitement décrire le menu de son dernier repas juste en inspectant le contenu de sa dent creuse ?

Ai-je vraiment envie d'être amie avec ce garçon très très enthousiaste qui avait vraiment l'air d'avoir envie de me connaître ? Plus enthousiaste que ça, c'était un frottis.

Et enfin, ai-je vraiment envie de passer mes prochaines vacances avec cette dame qui chaque matin se coupe perpelito les ongles dans la rame, m'envoyant par la même des petites brisures d'ongle dans la cornée ?

Jouer à chat-bite chat-minou dans un service de psychiatrie

En bref, porter un badge qui dirait "parlez-moi" dans le métro, c'est à peu près aussi risqué que de jouer à chat-bite chat-minou dans un service de psychiatrie. Et c'est toi qui fait le chat.

Voilà pourquoi, je soutiens "unexpected community" à 50%. J'accorderais l'entièreté de mon soutien quand Alexandre, le créateur, assortira la distribution de badge d'une demande d'extrait de casier judiciaire, d'échantillon d'urine, d'une soumission à un test de personnalité et d'une amputation des membres supérieurs pour la dame sus-citée...

 


 

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