Un musée new-yorkais taggué en toute impunité

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Jeudi 06 février 2014

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Un musée new-yorkais taggué du sol au plafond
L'expo "City of Canvas", retrace les débuts du graffiti dans la ville qui l'a vu naître. Ce n'est pas la première fois que le graff entre au musée, mais le choix du musée d'histoire de la ville a valeur de symbole.

L'expo s'appelle City as Canvas, la ville comme une toile. Elle présente plus de 150 pièces rassemblés depuis les années 1970 par Martin Wong, peintre, collectionneur et figure artistique influente du Lower East Side. A l'époque, peu de monde imaginait que le graffiti deviendrait un jour un courant artistique à part entière. Pas même Lenny McGurr alias "Futura 2000", l'un des premiers grapheurs new-yorkais.

Au départ, nous les graffeurs du métro, on n'avait pas encore réalisé qu'on était des artistes. Martin Wong a  senti que le street art allait devenir un phénomène mondial. C'était visionnaire, personne ne l'avait encore compris. Il a fallu attendre les années 80 quand notre culture a commencé à s'exporter en Europe.


Lenny McGurr aka Futura 2000 © Charlotte Alix, le Mouv'

 

 

City as Canvas © Charlotte Alix
 
 
 
Si les premiers barbouillages muraux remontent à la préhistoire, le street art tel qu'on le connait a vu le jour dans les couloirs du métro new-yorkais, au début des seventies. Au départ les graffeurs se contentaient d'afficher leur "blaze", pour entrer dans la mémoire collective, d'obtenir "the fame", ne serait-ce que dans le milieu. Cette quête de popularité s'accompagne très vite d'ambitions plastiques.
 

A la fin de la décénnie, le graff est chassé du "subway", mais s'invite pour la première fois dans les galeries d'art. Des peintres formés à l'école classique (Jean-Michel Basquiat, Keith Allen Haring) affichent leur proximité avec les graffeurs et s'inspirent de leurs techniques.

 

 

La naissance du mouvement est décrite dans Wild Style, un documentaire de Charlie Ahearn sur la culture hip hop, sorti en 1983.

  
Sandra Fabara, alias "Lady Pink" apparait dans le film. Elle n'avait que 16 ans quand elle exécutait ses premières oeuvres à la bombe dans le métro new-yorkais. Pour elle, le choix du Musée de la Ville de New York est une forme de reconnaissance.

On a déjà exposé notre travail dans de nombreux musées, mais celui de la ville de New York est spécial, parce qu'il collecte l'histoire de la ville. Ils ont trouvé qu'on avait une place importante dans l'histoire de New York. on a clairement provoqué un changement et cette expo montre la naissance de ce mouvement. 


City as Canvas © Charlotte Alix, Le Mouv'
  

L'expo présente des black books (des carnets de dessin), des tags, des photos et des fresques. Une capsule historique de cette époque où les grapheurs ne vivaient pas encore de leur art, qu'ils cultivaient avec la plus grande créativité dans les rues de NYC.

> City as Canvas, jusqu'au 24 août au Museum of the City of New York.

Reportage signé Charlotte Alix, correspondante du Mouv' à New York.

 


 

Rertouvez ici, l'histoire de "5 Pointz", la Mecque du graff new-yorkais javellisée en une nuit.

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