Un coach porte des Google Glass, et après ?

Va y avoir du sport Mardi 22 avril 2014

Réécoute
A Madrid, un coach de foot porte des Google Glass. Et après ?
L'Atletico Madrid, demi-finaliste surprise de la Ligue des champions, est la première équipe du monde, tous sports confondus, à avoir utilisé des Google Glass pendant un match officiel. Son entraîneur adjoint, German Burgos, les a utilisées pour consulter en temps réel tout un tas de statistiques. Derrière cette opération marketing, que peut-on espérer ?

L'Equipe et les taches de peinture

Les demi-finales de la Ligue des champions démarrent ce mardi soir et le programme est très alléchant : le Real Madrid reçoit le Bayern Munich à 20h45 et mercredi, à la même heure ce mardi, Chelsea affronte l’Atletico Madrid.

On pourrait passer une heure à vous parler de l’incroyable force collective de cette équipe et de l’excellent travail de son jeune coach Diego Simeone.

 

Mais ma chronique ne dure que trois minutes et puis, je sais bien que ce n’est pas ça qui vous intéresse, vous qui n’utilisez le journal L’Equipe que pour accueillir les taches de peinture quand vous faites des travaux dans votre appart.

Non, ce qui peut attirer votre attention, c’est que l’Atletico Madrid est le première équipe du monde, tous sports confondus, à avoir utilisé des Google Glass pendant un match officiel.

Les Google Glass, on en parle très souvent dans cette émission, ce sont ces lunettes qui permettent de superposer à notre vision normale un petit écran plein d’informations.

"C'est cool si vous pouvez m'en envoyer une paire"

Le 13 avril dernier donc l’entraîneur adjoint de l’Atletico, l’ancien gardien argentin German Burgos, a porté ces lunettes pendant les 90 minutes d’un match de première division espagnole.

C’est super, il a pu prendre plein de photos et chercher les horaires des séances de ciné pendant le match. Mais ce n'était pas vraiment l’objectif. Pendant tout le match, il a surtout pu consulter des statistiques actualisées toutes les 30 secondes pour l’aider à prendre de meilleures décisions.

Quel joueur ratait le plus de passes ? Par quel côté l’équipe adverse attaquait majoritairement ? Qui a commis le plus de fautes ?

Vue Burgos, par TheCalcioGuy sur Twitter

A la fin du match, Burgos était absolument ravi. Et pas mal de ses confrères extrêmement jaloux. Comme l’entraîneur du club anglais de Barnet qui a lancé un appel à Google :

C’est cool si vous pouvez m’en envoyer une paire parce que ça m’aurait bien servi quand on était mené 4-0 samedi dernier !


 

Deux jours avant la commercialisation aux Etats-Unis

Pour le coup, c’était surtout un bon gros coup de pub de la part de Google. Puisque l’opération a été lancée, comme par hasard, deux jours avant que les Google Glass ne soient commercialisées aux Etats-Unis.

Mais au-delà de l’opération marketing, l’intérêt sportif est évident. On n’est pas dans le gadget là. Avoir accès à des statistiques pointues en temps réel, c’est vraiment le moyen pour un coach de remplacer le bon joueu ou d’adapter sa tactique en cours de match.

Ce n'est pas la première fois que les Google Glass font leur apparition dans le monde du sport. Mais jusque là, c’était plutôt au service du fan de sport.

Pas mal de joueurs de foot américain ou encore une joueuse de tennis se sont amusés à porter des Google Glass à l’entraînement et ont filmé ce qu’ils voyaient, ce qui permet aux fans de profiter de vidéos en immersion, un peu comme avec la Go Pro.

Là, c’est beaucoup plus intéressant sur le plan de la performance sportive.

Dans l’immédiat, le port des Google Glass ne va sans doute pas se généraliser. Les clubs de Ligue 1 se plaignent déjà de pas avoir assez d’argent pour acheter des bons joueurs, la priorité, c’est pas de se jeter sur des Google Glass.

Si les arbitres s'y mettent...

Mais ce qui intéressant, c’est que les responsables de l’arbitrage du championnat allemand montrent beaucoup d’intérêt pour cet objet.

Et là, pour le coup, le jour où des arbitres porteront des Google Glass, ce sera une sacrée avancée.

Finis les buts suite à des penalties injustifiés, finis les cartons rouges à cause de fautes qui n’existent pas.

Ce serait une très bonne chose sauf que le problème de l’arbitrage dans le foot, il n’est pas technologique. Il vient du refus de la part des autorités de changer les choses, de moderniser la pratique.

Parce que bien avant les Google Glass, il y a un truc qui existe déjà, qui est vachement bien et qui pourrait aider les arbitres, notamment ceux qui sont au bord du terrain, à faire moins d’erreurs. Ca s’appelle la télévision.

 


 

Imanol Corcostegui

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