Un boucher et un magazine à la pointe

Plan B (best of) Vendredi 31 août 2012

Réécoute
Un boucher et un magazine à la pointe
Frédéric Bonnaud reçoit Joy Sorman pour son livre Comme une bête (Gallimard) et Oriane Jeancourt du magazine Transfuge.

Comme une bête, un livre de Joy Sorman aux éditions Gallimard.

« Pim passe sa main partout où il peut, identifie à haute voix le jarret, la côte première et le filet mignon – les mots la font rire et puis moins quand il passe à la tranche grasse et au cuisseau. Le corps de l'apprenti ankylosé par des jours de découpe, de désossage et de nettoyage se détend enfin, s'assouplit, ses mains se décrispent, la chair est mobile, la peau se griffe, le sang détale dans les veines, il pose ses doigts sur les tempes de la fille, ça pulse. »

Comme une bête est l'histoire d'un jeune homme qui aime les vaches au point de devenir boucher.

Vous pouvez écouter un extrait de Comme une bête lu Thierry Hancisse, Sociétaire de la Comédie-Français sur le site de la rentrée littéraire des éditions Gallimard et retrouver ses dix livres préférés.

• Samuel Beckett, Premier amour
• Boulgakov, Le Maître et Marguerite
• Virginie Despentes, King Kong Théorie
• Georges Didi-Huberman, Survivance des lucioles

(la suite sur le site des éditions Gallimard).

Transfuge numéro 60, août 2012, présenté par Oriane Jeancourt

L'éditorial de Vincent Jaury

Pour ce soixantième numéro et en cette rentrée littéraire, Transfuge lance une nouvelle formule : 16 pages supplémentaires pour accueillir encore plus de textes et d'autres formes d'art inédites au magazine : le théâtre, les séries, le polar, l'art contemporain. Et pour étoffer la partie cinéma qui manquait encore de place, une nouvelle maquette, plus aérée, plus facile à lire, plus identifiable.

Voilà pour le costume, et qu'en est-il de l'esprit du magazine ?

Transfuge ne change pas de visage, mais approfondit ce qu'il y a toujours eu en vigueur. La culture, rien que la culture, y sera défendue encore et toujours. Pas de tournant sociétal comme tant de magazines anciennement culturels qui ne croient plus assez en elle. Pas de promesses de bonheur miracle à vous vendre comme certains qui confondent certainement journalisme et publicité (aujourd'hui le mot « bonheur », me semble-t-il, mot si beau du XVIIIe siècle, a disparu du vocabulaire des hommes, vidé de son sens, pour être pris, l'air de rien, en otage par la chose publicitaire). Non, ici, il s'agira plutôt de lectures chicanières des textes de littérature et images de cinéma, et de tous les autres arts, à la recherche d'artistes contestataires. Je ne vous parle pas ici, bien sûr, de ces hipsters, ces marionnettes du système, ni de ces beautiful people dont il devient chaque jour plus difficile de supporter les frasques et qui n'ont d'intérêt que d'observer (de révéler ?) le grand vide triomphant de notre époque. (Lire la suite sur le site du magazine Transfuge).

 

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