Ukraine : punir les crimes de Maïdan

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mercredi 16 avril 2014

Réécoute
Ukraine : punir les crimes de Maïdan
Elle est devenue le symbole de la contestation ukrainienne. Olesya Zhukovskaya, une jeune secouriste atteinte par une balle en pleine nuque sur la place Maïdan à Kiev milite aujourd'hui pour l'ouverture d'une commission d'enquête internationale. Pour que justice soit faite.

C'est un tweet, un simple tweet, qui a fait le tour du monde. Le jeudi 20 février, au plus fort des affrontements de la place Maïdan, plus d'une centaine de manifestants sont tués. Une jeune secouriste volontaire de 21 ans reçoit une balle en pleine nuque.

Se sentant partir, elle poste un message glaçant sur le réseau social : "Je meurs."

Rapidement, les ukrainiens font de sa mort un symbole, le caillou de trop dans la botte du président Victor Ianoukovitch. Sauf que Olesya n 'est pas morte. Après une longue convalescence, elle porte aujourd'hui le combat de la vérité. De passage à Paris avec l'ONG Open Dialog, elle raconte son calvaire :

La balle a traversé  ma nuque de part en part. Je pensais mourir a ce moment là, je criais. Dans l'ambulance j'ai eu ce réflexe, j'ai envoyé ce message "Je meurs" sur Twitter simplement pour raconter. Je n'ai pas imaginé que mon message ferait le tour du monde et que son écho serait aussi important.


Olesya et la balle qui a failli la tuer / Photo Twitter

Ce jour là les snipers de la place Maïdan font une centaine de blessés parmi la foule des manifestants. Des blessés qui ne savent pas vraiment qui leur a tiré dessus. Olesia plaide pour la mise en place d'une commission d’enquête internationale.

Les snipers étaient d'origines différentes sur la place Maïdan. Certains venaient de Crimée, on a pu capter leur communications radio : quand ils disaient "plus ! plus !", dans leur langage ça voulait dire qu'ils avaient atteint quelqu'un. Pour eux c’était comme un jeu de tuer le plus de personnes possibles. On a aussi dit qu'il y avait des snipers russes place Maïdan [...] Nous voulons qu'une commission d’enquête internationale soit crée pour trouver les auteurs de ces centaines d’assassinats


Oleysa devant les baricades de Maïdan / Photo Twitter

Si le président Victor Yanoukovitch a fui le pouvoir deux jours après les massacres, de nombreux fonctionnaires ukrainien restent sous influence pro russe selon Ludmila Kosloska, présidente de l'ONG Open Dialog :

En Ukraine, nous n'avons pas de tribunaux indépendants capables de juger ces crimes. Les poste clés de l'ancien pouvoir ont changé de mains, mais tout ceux qui ont tué les manifestants place Maïdan sont toujours là. Toutes ces actions ont été planifiées, nous le savons, mais personne n’enquête aujourd'hui.

Reportage signé Laurent Kramer. Mise en page : Sébastien Sabiron.  

Rerouvez ici tous nos reportages consacrés à l'Ukraine.

 


 

Parce qu'il y a toujours un Vera Cruz à l'autre bout du monde, retrouvez l'ensemble de nos reportages en cliquant par  !

Et abonnez-vous au podcast, RRS et iTunes.

Commentaires