Twittérature

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19/08/14 Twittérature
Twittérature
Twitter et les écrivains ? Peuvent mieux faire.

 

Une limite de 140 caractères ? La contrainte aurait pu être productive. De grands mouvements littéraires sont même nés pour moins que ça. Pourtant, lorsqu’ils s’expriment sur Twitter, les écrivains ont rarement le panache de leurs œuvres.

Ils sont pourtant quelques uns à avoir cru réinventer le haïku depuis les premiers balbutiements du site de microblogging en 2006.

 


L’Institut de Twittérature comparée, un site franco-canadien, en avait fait son affaire personnelle, manifeste et et festival à l’appui : 

La twittérature n’est pas le parent pauvre de la littérature pas plus que les nains sont les enfants d’une humanité déchue. La twittérature propose des genres, des styles, des visées, des visions.


 

A mi-chemin entre la poésie japonaise, le roman feuilleton du XIXème et les expériences oulipo-surréalistes, l’exercice de style s’ouvrait à tous les genres, du twiller à l’erotwitt : 

il permet les jeux stylistiques les plus divers, reproduit des recherches formelles concrètes (allitération, parallélisme) et figuratives (métaphore, métonymie, synecdoques, allégories, comparaisons, etc.).


 

Le dernier article de l’Institut de Twittérature comparée remonte à 2013… En durée de vie Internet, on parle d’un site moribond.


Quant au tag #twitterature, il débouche sur… un livre.


Alexandre Aciman et Emmett Rensin
n’avaient pas vingt ans lorsqu’ils décidèrent de revisiter la littérature classique en moins de 140 caractères.


Pour Hamlet, par exemple, ça donne : « Mon royal paternel est mort et personne n’en a rien à foutre».  

 

Aux Etats-Unis, le TwitterFiction Festival a tenu cette année sa deuxième édition, en partenariat avec la prestigieuse Penguin Random House et l’Association des éditeurs américains.

En France, le Twitter Festival avait été organisé directement par le réseau. C’était en 2012, mais l’expérience n’a pas été renouvelée.

A part quelques romans publiés en feuilletons sur le réseau social, la twittérature cherche encore ses marques. La preuve : les meilleures expériences débouchent généralement sur… une publication papier.

La meilleure reste La Boîte Noire, la nouvelle d’espionnage écrite en 2012 par Jennifer Egan (prix Pulitzer, auteur de  Qu’avons-nous fait de nos rêves ? ), twittée par le New-Yorker puis par les Inrockuptibles dans sa version française.

Cet été, David Mitchell, auteur de La Cartographie des nuages, a twitté une nouvelle pour teaser la parution de son dernier roman, The Bone Clocks, à paraître en septembre 2014.

 

 


 

 

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