"Tu veux un job ? Change de nez"

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mardi 08 avril 2014

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"Tu veux un job ? Change de nez"
En Chine, la fin de l'année universitaire approche et les cliniques de chirurgie esthétique font le plein. Le rapport ? Pour optimiser leurs chances de décrocher un premier emploi, les étudiantes chinoises n'hésitent pas à tâter du bistouri. Car les recruteurs n'en font pas mystère : les critères physiques sont déterminants.

Oubliez le nez en trompette. La tendance du moment en Chine, c'est le nez en Tour Eiffel. Un nez droit, haut, long, un peu pointu : l'incarnation du romantisme à la française.

Cette année, plus de 7 millions de jeunes diplômés sortiront des universités chinoises. A la clé : un taux de chômage de 10%. Alors pour se démarquer et décrocher le job de leur rêves, les étudiants sont de plus en plus nombreux à passer sous le scalpel. Guo Juan, directrice adjointe de la clique "Charm" à Shangaï se frotte les mains :

En 2013, on a vu une hausse de 30% du nombre d’étudiants venus faire une opération. Sur le marché de l’emploi, il y a trois choses qui comptent : paraitre en bonne santé, être intelligent, et avoir un physique agréable. Donc on peut dire que l’apparence de quelqu’un est déterminante pour la réussite de sa carrière.


Accueil de la clinique "Charm" © Delphine Surreau
  

Et les recruteurs ne s'en cachent pas : à compétences égales, c'est le candidat au physique le plus avantageux qui sera choisi, surtout lorsqu'il s'agit de candidates. La clientèle de la clinique "charme" est donc constituée en majorité de jeunes femmes de 20 à 30 ans. Elles réclament un nez plus fin, des paupières moins épaisses, à l'occidentale, mètre-étalon de la beauté pour les jeunes asiatiques.

Yangyang, 21 ans, diplômée en commerce international, a déjà subi quelques interventions légères. Aujourd'hui elle veut un menton moins fuyant, même si les injections d’acide hyaluronique à 600 euros la séance doivent siphonner toutes ses économies.

J’ai déjà échoué à plusieurs entretiens d’embauche, où il fallait que je monte sur scène. Je veux être chargée de communication et mon menton c’est mon point faible, même si on ne me le dit pas directement.


Yangyang et son menton dans la salle d'attente de la clinique © Delphine Sureau
 

D'après la fédération International Society of Aesthetic Plastic Surgeons, la Chine représente le troisième plus grand marché mondial en termes d'opérations de chirurgie plastique, derrière les États-Unis et le Brésil.

Reportage pour le Mouv' signé Delphine Sureau. Mise en page : Sébastien Sabiron.

Photo d'illustration : pub dégotée dans un taxi de Chongqing par Shangaï Scrap.

 


 

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