Tu aimes les films de gladiateurs ?

La Pop au carré Mercredi 05 mars 2014

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Tu aimes les films de gladiateurs ?
La sortie en salles du blockbuster "300, la naissance d'un empire" nous offre l'occasion de dresser le panorama d'un genre cinématographique qui ne ressemble plus aux clichés de son âge d'or. Le péplum a bien changé.

 

"Je suis un peu nostalgique des anciens Hercule, avec les muscles bien huilés et le brushing qui ne bougeait pas d'un iota malgré les bagarres." Danièle Valette préside l'association Péplum, qui organise chaque été un festival de films dans les arènes d'Arles. "Steve Reeves, qui a longtemps tenu le rôle d'Hercule, avait été élu monsieur Muscle. C'était un homme impressionnant. On n'aurait pas imaginé un gringalet pour jouer ce rôle."

 

Les travaux d'Hercule, de Pietro Francisci © Lux Films, Warner Bros, 1958

 

Non pas que Sullivan Stapleton, le comédien héros du 300 de Noam Murro (en salles ce mercredi), soit particulièrement chétif, mais les effets spéciaux ont changé la donne depuis quelques années. "Il y a un vrai renouveau du film de péplum depuis Gladiator. Mais aujourd'hui, ce sont des grands spectacles qui se rapprochent davantage d'un Superman."

 

Pompéi, de Paul W.S. Anderson © TriStar Pictures, 2014

 

Plusieurs autres productions hollywoodiennes sortiront cette année : Pompéi (de Paul W.S. Anderson), La légende d'Hercule (de Renny Harlin) ou Exodus (de Ridley Scott). Signe d'un regain d'intérêt pour le genre, tombé en désuétude au début des années 1970. Mais on reste encore loin de cet âge d'or, pendant lequel ces oeuvres en costumes se tournaient à une cadence industrielle (environ 800 films dans les années 1950-60).

Aujourd'hui, produire un péplum revient à prendre un gros risque. Si le Gladiator de Ridley Scott a rapporté 450 M$, il n'y a pourtant aucune recette. La présence du Jon Snow de Game of Thrones et du Jack Bauer de 24h chrono n'ont pas permis de sauver le récent Pompéi. La série Rome, trop coûteuse, a été arrêté après deux saisons. Spartacus n'a tenu qu'un an de plus. En France, à part les multiples Asterix et le catastrophique Vercingétorix (starring Christophe Lambert), il n'existe plus aucun exemple du genre.

 

Bande annonce pour la série Rome © HBO, Canal+, 2005

 

"C'est difficile à expliquer", reconnaît Danièle Valette, qui suppose que d'autres genres proches ont récupéré ce public. "Quand vous regardez La guerre des étoiles, à part les costumes et les décors, on reste dans la même geste, le même souffle héroïque." Les dernières tentatives hollywoodiennes tentent de rameuter les spectateurs en proposant une surenchère de violence et de sexe. Implicite du temps de Charlton Heston, la tension érotique est aujourd'hui livrée cash.

 

 

En réalité, en 2014, cet univers dépasse le cadre des cinémas. Jugés kitschouilles, souvent raillés pour leurs cartons-pâtes et leurs dialogues parfois désuets, les péplums se retrouve propulsés au rang d'objet-culte. De plus en plus de livres, de jeux de rôles ou de soirées à thème recyclent cet imaginaire collectif.

Ainsi le 15 mars prochain, au Dernier Bar avant la Fin du Monde, dans le 1er arrondissement de Paris, les proprios ont prévu une soirée déguisée, avec musique adaptée, menu et cocktails thématiques. "On a prévu de la sangria maison", raconte Audrey Charpenat, l'une des responsables. "On travaillera à base de vin, pour une ambiance Rome antique." Pas évident que les Romains aient connu le breuvage ibérique, mais l'essentiel est ailleurs. L'essentiel, c'est de s'amuser.

 

Benny, détournement de Ben Hur par l'équipe de Mozinor © Mozinor, 2007

 

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Photo de couverture : affiche de 300, la naissance d'un empire © Warner Bros, 2014

Reportage et mise en page : Augustin Arrivé

 

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