Trafic d'êtres humains en Bolivie

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Lundi 22 septembre 2014

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Trafic d'êtres humains en Bolivie
Le nombre de personnes disparues est en augmentation inquiétante en Bolivie. Les cas de traites et de trafics d'êtres humains sont en hausse de 40% depuis 2011, d'après la police, tellement inefficace que la population a décidé de se mobiliser.

 

"Ma fille a 16 ans. Elle a disparu il y a un mois et demi et je n'ai aucune nouvelle. La police ne fait absolument rien." Marina est désemparée, elle poste des avis de recherche sur les murs, les troncs d'arbres et sur les réseaux sociaux. "Ceux qui ont de l'argent retrouvent leurs proches rapidement, mais il n'y a pas de justice pour les pauvres."

Pour eux, par eux, est né un collectif sur Internet, baptisé "Aujourd'hui, ça peut m'arriver à moi". Le groupe est composé de ces laissés-pour-compte fatigués de l'inaction des autorités. Adriana explique avoir peur de sortir en ville. "Il peut nous arriver n'importe quoi, j'ai peur de ne pas revenir chez moi. Ou que ça arrive à ma soeur, à une amie, à ma mère. Mais ce n'est pas encore un sentiment quotidien, c'est pour ça que c'est le moment d'agir."

 

La disparition de Pamela Alvarez, à l'origine de la mobilisation © Unitel, 2014

 

Le trafic d'êtres humains est extrêmement lucratif. Il génèrerait entre 9 et 32 milliards d'euros par an (selon les sources) sur toute la planète. Seuls les trafics d'armes et de drogues enrichissent davantage les criminels. Les organisations responsables de ces barbaries sont grandes, puissantes. Le major Walter Sossa, de la police bolivienne, considère lui-même que "la police ne possède pas les moyens suffisants pour combattre efficacement ces crimes".

Une loi a bien été adoptée en 2012, mais les résultats se font sérieusement attendre. Moins d'une procédure judiciaire sur dix, dans ce domaine, se termine par une condamnation. Récemment, deux cents personnes ont manifesté dans la capitale, La Paz, pour demander de nouvelles mesures au gouvernement. Le temps presse.

 

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Photo de couverture 

Reportage : Reza Nourmamode Mise en page : Augustin Arrivé

 

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