Tout savoir sur le rectum des vers en trois minutes

La Pop au carré Mercredi 11 juin 2014

Réécoute
Tout savoir sur le rectum des vers en trois minutes
L'Alsace, l'Auvergne et Rhône-Alpes représenteront la France à la finale internationale de "Ma Thèse en 180 secondes". La finale nationale avait mardi soir à Lyon. Un concept simple pour un défi musclé : résumer sa thèse en trois minutes chrono et faire marrer l'assistance.

"Une thèse sur quoi ? - Sur rien"... Dans On connaît la chanson du regretté Alain Resnais, Agnès Jaoui explique sans aucune conviction qu'elle étudie "les chevaliers paysans de l'an mille au lac de Paladru". Jean-Pierre Bacri reste interdit.

Une situation vécue par bon nombre de doctorants, qui travaillent en moyenne pendant trois ans sur des sujets pointus dont le grand public a souvent du mal à percevoir les applications concrètes.

Ariane Donard, finaliste Aquitaine, par Sébastien Sabiron


Ma thèse en 180 secondes
leur donne l'occasion de résumer ces trois ans de travail en trois minutes, sur scène et devant un public de profanes. Née en Australie puis importée au Québec, l'opération est chapeautée en France par le CNRS et la Conférence des présidents d'universités, pour la première fois cette année.

Juste avant le coup d'envoi, par Sébastien Sabiron


Départagés lors de sélections régionales, les 15 finalistes ont été coachés par des comédiens et ont répété leurs textes sans relâche, "sous la douche, dans la voiture, devant mon conjoint qui n'en peut plus" nous confie Lætitia Jaillardon, candidate des Pays de Loire.

Cette jeune vétérinaire étudie les similitudes entre les cancers mammaires humains et canins. Pour elle, ce concours est l'occasion de mettre en lumière le travail des doctorants, une population relativement méconnue en France :

Dernière répète pour Lætitia (avec micro-bouteille), par Sébastien Sabiron


Manque de considération et de reconnaissance à l'égard des thésards, c'est aussi le point de vue de Chrystelle Armata, troisième prix de cette finale. Chrystelle mène une thèse en droit, sur la "loyauté probatoire à l'épreuve des nouvelles technologies".

Très actuelle, sa thèse évoque l'utilisation des nouvelles techniques d'écoute et de surveillance, au profit de la justice mais au mépris de la vie privée.

Chrystelle devant son "totem" à votes, par Sébastien Sabiron

 

Du rectum des petits vers

Sur scène, les candidats se succèdent avec plus ou moins d'aisance, surmontés par un immense chronomètre qui égrène les secondes. Il est question de "géo-histoire", du métabolisme des embryons de poulets, de la représentation raciste des chinois dans la littérature, de détection infrarouge... La candidate bretonne invoque Monnet et la peinture pour parler de cristaux liquides.

Manon Yzoard, finaliste Lorraine, par Sébastien Sabiron


Parmi les derniers candidats, Marie-Charlotte Morin se distingue par une performance proche du stand-up. Il faut dire que le sujet s'y prête : la biologiste alsacienne mène une thèse sur les cellules rectales d'un ver minuscule, capables de migrer pour se transformer en neurones.

 

Si la thèse de Marie-Charlotte est susceptible d'aider la recherche contre les maladies d'Alzheimer et de Parkinson, ce sont ses vannes percutantes et son énergie qui emportent le public et le jury. La jeune alsacienne et ses consœurs auvergnate et lyonnaise représenteront la France à la finale internationale de "Ma Thèse en 180 secondes". Ce sera les 24 et 25 septembre prochains au Québec.

Marie-Charlotte Morin , par Sébastien Sabiron


Reportage, photos : Sébastien Sabiron


Chaque jour le Mouv' met la Pop au carré, reportages à écouter par ici.

Et abonnez-vous au podcast RSS et iTunes.

Commentaires