Tous gros en 2020 ?

Mouv' Futur (2015-2016) Lundi 18 mai 2015

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Tous gros en 2020 ?
L'Europe va faire face à une véritable vague d'obésité d'ici 2030. C'est l'avertissement de l'OMS qui, selon une étude, dévoile que dans 53 pays européens, le surpoids et l'obésité vont devenir un véritable fléau. Est-ce que ce sera le cas en 2020 en France ?

En 2020, va t-on faire exploser la balance ? Selon l'OMS, nous sommes bien partis pour. Junk Food, restauration rapide, nous avons de plus en plus de mal à résister à une abondance de nourriture grasse et pas chère. Cela s'explique par un manque de temps, une précarité en hausse et la sédentarité.

Pour l'OMS, en 2030 en France, l’obésité touchera 25 % des hommes contre 14 % en 2010 et 29 % des femmes contre 16 % en 2010. Mais ces chiffres ne sont pas gravés dans le marbre car l'organisation prévient que ce sont des projections si aucune politique n'est menée. Ce qui est certain, c'est que depuis 1981, on n'arrête pas de grossir, selon l'INSEE. Alors, à quoi peut-on s'attendre pour 2020 ? Le Docteur Pierre Azam, président de l'Observatoire de l'Obésité, n'est pas pessimiste :

On voit que les émissions culinaires sont les plus regardées. Les gens ont envie de découvrir des produits. On voit se développer les filières courtes. Progressivement, c'est le citoyen qui va donner ses injonctions à l'industrie agroalimentaire. Pour preuve : une grande enseigne comme Mc Donald's connait une baisse de son chiffre d'affaire et est obligé de se diversifier en proposant des petits fruits, par exemple. Le citoyen a son avenir en main.


 

Une priorité de santé publique

Le PNNS (Programme National Nutrition Santé) existe depuis 2001. Il préconise de "Manger cinq fruits et légumes par jour". Les députés ont même voté l'interdiction des fontaines à sodas à volonté, en libre service. Les initiatives locales existent également car il y a des inégalités territoriales concernant le poids : plus on est dans la précarité, plus on mange mal. En Seine-Saint-Denis, par exemple, l'un des départements les plus pauvres de France, depuis 2013, Marjorie Painsecq coordonne le projet "pour la santé, je bouge dans mon quartier" dans le quartier Floréal :

Les habitants ne mangent pas très équilibré : faute de moyens, il y a beaucoup de nourriture rapide. Nous leur proposons des cours de yoga, du renforcement musculaire, de la marche pour les jeunes et les plus vieux. On développe ce projet dans un autre quartier et je pense qu'en 2020, on aura encore besoin de nous.


 

Un poids pour l'économie

Une personne obèse coûte à la société 650 euros de plus qu'une personne qui ne l'est pas. Selon Frédéric Bizard, économiste de la santé :

Aujourd'hui, les surcoûts liés à l'obésité sont de l'ordre de 7 à 8 milliards d'euros. Avec les projections de l'OMS, en 2030, on arriverait à un coût de 20 à 40 milliards par an.


 

Il y aura donc un impact sur le système de santé même si on ne peut pas le calculer pour 2020. Impact aussi sur le reste de l'économie, car une personne qui souffre de surpoids et qui souffrira de pathologies sera peut être absente de son lieu de travail et donc moins productive.

 


 

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