Tour du monde des sorties pop du jour

Les trouvailles de Pascal Bertin Lundi 16 juin 2014

Réécoute
Tour du monde des sorties pop du jour
L'électro pour club 90's du parisien Para One (en photo), la pop dépressive de Lana del Rey, un Hot Chip en solo, le punk écorché vif des Danois de Lower et la nu rave des Anglais de Klaxons : tour d'horizon des sorties d'albums de ce 16 juin 2014.

On aurait pu vous parler du retour dans les bacs de Linkin Park ou de Jennifer Lopez. Pour les premiers, c'est non. Quant à la deuxième, elle a déjà eu la chance de chanter devant plus de 3 milliards de téléspectateurs lors de la cérémonie d'ouverture de la Coupe du Monde au Brésil, alors place aux autres.

Eux y auraient eu leur place rien que pour leur amour du ballon rond mais les Klaxons n'y ont pas été invités. Pas grave, leur "Love Frequency" se retourne vers le Manchester des années 90, sans vraiment choisir son camp entre United et City, la house et le pop balourde. Du coup l'album du trio se partage entre hymnes irrésistibles et titres un poil caricaturaux. On préfère largement les premiers.

 

 

A l'inverse, Alexis Taylor semble fuir la dance avec son deuxième album, "Await Barbarians". L'un des deux génies du groupe Hot Chip, aux côtés de Joe Goddard, offre un disque à la fois intimiste et dépouillé où sa voix mélancolique reste systématiquement en creux là où elle sautille de bosse en bosse avec Hot Chip. Parfois expérimental, un peu déroutant, un disque parfaitpour patienter jusqu'au prochain album du groupe, donc avant tout pour leurs fans. Mais ils sont nombreux et se reconnaitront.

 

 

 

Il y a peu au festival Spot d'Aarhus, on avait encore été bluffés par l'intensité dont faisaient preuve les énergumènes de Lower. Fers de lance de la scène de Copenhague avec les amis d'Iceage, ils livrent leur premier album pour le label indé américain Matador et n'ont pas pour autant arrondi les angles de leur  hardcore. Chez eux, ça passe ou... ça passe.

 

 

 

 

Deux ans après sa sortie, "Born to Die" se présente toujours comme le meilleur album le plus bancal du monde. Chaque morceau demeure un vrai classique et Lana Del Rey se laissait aller à des essais dans la pop, voire le R'n'B. Avec "Ultraviolence", la chanteuse a gagné une vraie production cohérente (merci l'ami Dan Auerbach des Black Keys) et adaptée à son univers mais elle limite largement ses tentatives à la seule pop rétro neurasthénique et surtout, perd de sa puissance d'écriture en fin de disque. Toute petite décéption dans l'ensemble mais quand même une belle réussite pour les trois quarts de l'album et ses textes où elle se livre sur son succès, l'amour, l'argent, la mort... Plus de professionalisme, une oeuvre mieux maitrisée... déjà l'un des albums de l'été.

 

 

 

Cest finalement un album dont on attendait le moins (ah, ces disques de "remix du disque précédent"...) qui réjouit le plus. Comme les Klaxons, le producteur Jean-Baptiste de Laubier alias Para One adore les années 90 et les a piquées en intraveineuses dans chaque titre de son album "Passion" paru il y a deux ans. A part qu'il n'en a pas retenu les rythmiques baggy ou le pire de la dance mais les gimmicks de la house et les recettes qui vous font immanquablement grimper sur le dancefloor pour retravailler ses morceaux dont il n'a gardé que les mélodies. Ici, pas de revival ni de nostalgie, juste une mise en pratique des recettes les plus imparables et les plus intemporelles. Ca s'appelle "Club" et ça ne pouvait pas porter d'autre, ni de meilleur nom.

 

 

 

 

Albums

Klaxons - "Love Frequency" (Because / Warner)

Alexis Taylor - "Await Barbarians" (Domino / Sony)

Lower - "Seek Warmer Climes" (Matador / Wagram)

Lana Del Rey - "Ultraviolence" (Interscope / Universal)

Para One - "Club" (Marble / Because / Warner)

 

 

 

> Suivez Pascal Bertin sur Twitter

Toutes les chroniques Les Trouvailles de Pascal Bertin

Abonnez vous aux podcasts : RSS et iTunes

 

 


Commentaires