T'as coché la case, tu dégages

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Jeudi 12 décembre 2013

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T'as coché la case, tu dégages
Aux Etats-Unis, la campagne "Ban the Box" vise à faire supprimer une case. Une case que les demandeurs d'emplois doivent cocher s'ils ont déjà été condamnés ou fait de la prison. La Californie vient de rejoindre la liste des dix états qui ont abandonné cette pratique discriminatoire.

 

Coralie Garandeau a enquêté à Los Angeles sur cette pratique qui met les gens dans des cases. Cliquez ci-dessus.

South Los Angeles, un quartier majoritairement afro-américain. Ici le taux de chômage est de 24%. Dans les bureaux d'une association de réinsertion, Suzan montre une lettre de refus. Suzan a déjà fait six séjours en prison pour des affaires de stups, il y a plus de vingt ans.

C'est daté d'octobre 2013. J'ai posé ma candidature pour travailler comme bénévole dans les services "éducation et affaires religieuses" du shérif. Et ça dit : votre candidature est refusée, vous ne correspondez pas aux critères spécifiés sur le profil. C'est à cause de la recherche de casier. Je devrai cocher la case toute ma vie… Qu'une société punisse les gens pour toujours, c'est vraiment injuste.


   
"Avez-vous été condamné pour un crime ou avez-vous fait de la prison ?"  Cette fameuse case figure sur la quasi totalité des formulaires administratifs, marquant au fer rouge tous ceux qui ont eu un jour affaire avec la justice. Une pratique que la campagne Ban the Box tente de faire disparaître.

Vidéo (en anglais) réalisée par le mouvement Ban The Box de Rhode Island, NYC

Pour Joshua Kim, avocat et conseiller en réinsertion, la question de la box est au cœur des injustices sociales et raciales.

Aux États Unis, une personne sur quatre a été incarcérée ou est passée par le système judiciaire. Et si l'on regarde l'impact racial, sortez dans la rue, prenez n'importe qui entre 18 et 35 ans. Un sur deux aura déjà fait de la prison. C'est plus que le nombre d'hommes afro-américains qui vont à l'université.


 

Joshua Kim a mené campagne pour que la Californie interdise cette question qui fait fuir les employeurs. Une loi officiellement signée par l'état en novembre dernier. Mais cette mesure n'empêche pas les employeurs de fouiller le passé judiciaire de leurs recrues une fois l'embauche effectuée, des pratiques de plus en plus répandues depuis le 11 septembre.

Au total, dix états américains ont légiféré contre la discrimination à l'embauche des anciens condamnés. Le New Jersey pourrait étendre l'interdiction de la case à cocher à tous les employeurs de l'état, publics, comme privés.

Reportage signé Coralie Garandeau, correspondante du Mouv' à Los Angeles.
Illustration de couverture : CC Flickr by slightly everything

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