Survivre aux terrasses de café

Rien à voir Mardi 15 juillet 2014

Réécoute
Survivre aux terrasses de café
Il fait beau, c'est le moment de profiter des joies urbaines en sirotant un apéro en terrasse. Sauf que ce n'est pas si simple.

Chaque année, c’est la même histoire : aux premiers rayons de soleil, c’est la guerre. Les restaurateurs qui jouissent d’un morceau de trottoir deviennent les rois du pétrole. Et les consommateurs sont prêts à toutes les compromissions pour en profiter, abandonnant les règles du bien-vivre.

Le paradoxe, c'est que ces pratiques estivales qui devraient nous inciter à être relax' sont en réalité les moments les plus tendus qu'un urbain peut expérimenter. Faut-il que l'on soit maso pour accepter ça ?

Tu avances vers la terrasse, il n’y a pas de place évidemment. Et là c’est parti, le cirque commence. Il faut repérer où en sont les gens dans leur consommation et rôder devant les tables, comme un guépard à l’affût. Mais ça ne suffit pas.


Us et coutumes et diktat du verre en terrasse

Même si tu ne les vois pas, il y a d’autres prédateurs en embuscade. Pour peu que la prochaine table qui se libère soit plus près d’eux, tu seras perdant. Il faut te mettre le personnel du café dans la poche. C’est obligatoire. Ce qui implique d’avoir le courage de s’adresser au serveur. Autant dire à Pol Pot.

Le mec a cinquante tables à gérer, il est tout seul, il gagne 9 balles de l’heure, laisse moi te dire qu’il en a rien à cirer de ton aspiration au bonheur devant un verre de rosé. Une fois posé (ce qui t'as quand même valu de perdre ta dignité), la galère est loin d'être terminée.

Déjà tu n'as droit qu'à 20 centimètres d'espace vital. On t'apprend qu'il est interdit de tourner sa chaise pour se mettre en face de ton camarade d'apéro (ce n'est pas règlementaire). Alors on reste côte à côte et si t'es pas content, il y en a soixante derrière prêts à prendre ta place.

Au moment de passer commande, tu n'es pas au bout de tes peines non plus. Le serveur t'as oublié. Il faut donc attirer son attention, lever un doigt, un bras, le tee-shirt... Rien à faire. Et si tu arrives à attirer son attention, tu as 5 secondes pour expliquer ce que tu veux, sinon il se barre. Il font donc rester concentré sur l'essentiel : jus, tomate, demi, verre, vin, rosé, blanc, rouge...

Le comble, c'est qu'après une heure de galère et de soupirs exaspérés, pour payer c'est toi qui doit te lever pour aller au comptoir...

Une chronique pour prendre du courage au moment de l'arrivée des beaux jours.

 


 

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