Sur Twitter, Zlatan n'est plus une rockstar

Va y avoir du sport Mardi 01 avril 2014

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Regarde ton compte Twitter, Zlatan, tu n'es plus une rockstar
Le joueur du PSG est devenu un utilisateur assidu du réseau social. Sous l'impulsion de son sponsor Nike, il enchaîne les tweets humoristiques qui correspondent à son personnage. Mais où est passé le Zlatan des débuts ? Le vrai rebelle du foot est-il mort ?

Garantie sans "zlataner"

Zlatan, Zlatan, Zlatan… Vous ne pouvez plus le voir en peinture, c’est l’overdose, et on vous comprend. Mais promis, cette chronique ne contiendra pas les expressions  "zlataner", ni "géant suédois" ni "terreur de la Ligue 1". C’est déjà ça.

Sachez-le, Ibrahimovic a un compte Twitter que pendant longtemps il n’a pas utilisé régulièrement. Il a un peu moins d’un million de followers quand Cristiano Ronaldo, lui, en a 25 millions.

Mais ces derniers mois, le joueur du PSG s’est mis à tweeter de plus en plus.

Pas de "on a fait un super match de gentils copains"

 Forcément, on l’imagine mal poster des tweets comme "Bravo les potos, on a fait un super match de gentils copains" ou "On a gagné mais faut féliciter l’équipe adverse que j’adore trop avec plein de joueurs super forts."

Non, Ibrahimovic a une réputation à tenir et voilà quelques exemples de messages postés, et traduits par nos soins, parce qu’il ne tweete qu’en anglais.

Salut Twitter. Pour demain, Zlatan a besoin de plus de 140 caractères. Merci de changer les règles pour Zlatan.


 

"Tout comme le grand requin blanc"

Quand son coéquipier Blaise Matuidi a marqué un but acrobatique avec l’équipe de France, Ibrahimovic a tweeté :

Salut Blaise, j'ai vu ton but hier soir. Magnifique. Tu as dû bien regarder Zlatan à l'entraînement.


 

 

Dernier exemple : à un internaute qui lui demande si Zlatan est humain, il répond :

Zlatan reste un humain tout comme le grand requin blanc ne reste qu’un poisson.


 

Ces tweets changent des photos sur la table de massage ou des selfies pouce levé et regard bovin. Mais il faut préciser que la plupart de ses tweets sont suivis du hashtag "Dare To Zlatan" du nom d’une grosse opération commerciale lancée avec Nike.

Une sorte de monstre rigolo

En fait, Ibrahimovic passe son temps à tweeter les produits et les pubs de ses sponsors. Et il n’a d’interactions qu’avec des footballeurs sponsorisés aussi par Nike.

Dans le fond, son compte Twitter, ce n’est que du marketing. Nike a lancé une campagne de communication autour de lui en jouant à fond son personnage, marrant mais prétentieux. Et le Zlatan des réseaux sociaux, c’est du recyclage des blagues de Chuck Norris, c’est une sorte de monstre rigolo, de rebelle pour enfants.

Une caricature lassante et aseptisée du mec qui dirait "Oui, Zlatan est le plus fort mais les enfants, le plus important, c’est de bien manger votre soupe."

Les punks de Twitter se comptent sur les doigts d'une main

Tous les sportifs ont une utilisation très marketing des réseaux sociaux. Les punks de Twitter, ça se compte sur les doigts d’une main. L’an dernier, on avait beaucoup parlé de l’Anglais Joey Barton qui partait dans tous les sens sur les réseaux sociaux. Il avait par exemple traité un joueur brésilien de transsexuel.

Ibrahimovic, lui, sur le terrain, reste un joueur incroyablement performant et spectaculaire, un mélange de puissance et d’arrogance.

 

Mais en dehors des terrains, depuis qu’il est arrivé en France, il n’a plus grand chose de rebelle. Avant, Zlatan, c'était une rockstar qui se permettait de critiquer les intouchables du foot, les Guardiola, Xavi et Iniesta.

Dans son autobiographie, il écrivait :

Je me fous de ce que les gens pensent. Moi, j’aime les mecs qui crament les feux rouges.


 

Maintenant, Zlatan, il en grille plus beaucoup des feux rouges.

Quand il jouait à Barcelone, quand même, une journaliste lui avait demandé s’il était homosexuel, il avait répondu :

Viens chez moi, tu verras si je suis homosexuel. Et ramène ta sœur aussi.

N'hésite pas à venir me tweet-clasher

Je me permets donc de m’adresser à Ibrahimovic et de le tutoyer, je n'ai peur de rien :

Zlatan, fais attention à ne pas devenir l’icône gentiment rebelle du foot business, un panneau publicitaire géant toujours prêt à jouer le jeu des marques. Et si tu n’es pas content, n’hésite pas à venir me tweet clasher.

Ça sert à ça aussi Twitter. 



Imanol Corcostegui

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