Sur Twitter, pendant la #CDM, nous sommes tous des Rihanna

Va y avoir du sport Mardi 01 juillet 2014

Réécoute
A quoi sert Twitter pendant le Mondial ? A crier « Rho » et « Ha ha »
Depuis le début de la Coupe du monde, les médias traitent avec emphase du rôle crucial joué par les réseaux sociaux. Comme s'il s'agissait d'une révolution. Mais la plupart du temps, pendant les matches, Twitter nous sert surtout à communiquer notre joie ou notre colère de manière abrupte. Nikos Aliagas et Rihanna en sont la preuve.

La presse en fait des caisses sur l'utilisation massive des réseaux sociaux depuis le début de la Coupe du monde. Avec ce chiffre qui a l’air impressionnant parce qu’il est très gros : 300 millions de messages ont été tweetés pendant le premier tour.

Plein d’articles intellectualisent le phénomène, tâchant d'expliquer pourquoi ce serait une révolution pour notre société.

Ainsi les footballeurs français auraient reconquis l’amour du public surtout parce qu’ils sont très présents sur les réseaux sociaux. En réalité, ils utilisent essentiellement Twitter pour faire de la pub à leurs sponsors et détailler leur emploi du temps. Genre : "Là, je suis avec le kiné,", "Là je suis avec mon pote Pat après l’entraînement"...

Autre explication: si les entreprises tweetent mal, c’est le bad buzz – j’adore cette expression – et les conséquences sont très graves. Enfin il semblerait que l'on s’informe mieux, qu’on rit plus, qu’on voit tout grâce à Twitter. Ce qui ne représente, en fait, qu’une petite partie de la fonction du réseau.

Le "crève connard" de Nikos Aliagas

La dernière histoire qui a beaucoup fait jaser ? Nikos Aliagas, l’animateur de TF1, s'est laissé aller sur Twitter après l’élimination de la Grèce dimanche soir. Il a répondu à un troll par un efficace «Crève connard».

Alors, bad buzz pour lui aussi. On peut se demander quelles sont les conséquences de cette grave erreur pour l’image de l’animateur déjà bien égratignée par la victoire contestée de Magalie Vaé de la Star Academy 5.

Non et ça tombe bien, c'est ce que je voulais démontrer. Vous qui n'avez pas Twitter, rassurez-vous, vous n'êtes pas en train de louper le phénomène du siècle.

Twitter, c’est un endroit où on rigole bien ; c’est aussi un monde bizarre qui peut transformer une débilité en actualité centrale pendant une heure.  

Un tweet, c'est un verre qu'on jette par terre

Surtout, depuis le début du Mondial, on se rend compte que dans la majorité des cas, un tweet, ce n’est qu’un cri, une tape dans l'épaule, un aboiement, un verre qu'on jette par terre, un bisou sur la joie. Au mieux, une sorte de retranscription de ce genre de vidéos. 

 

Un PMU de Dordogne blindé de chasseurs de faisans

C'est ça, Twitter pendant le Mondial, une réaction épidermique en 140 signes. On est tout seul devant le match, personne n'entend notre hurlement; alors, on le retranscrit sur un clavier avec nos petits doigts.

Dans les dix minutes qui ont suivi l'égalisation de la Grèce à la toute fin de son match contre le Costa Rica, mon fil Twitter ressemblait à un PMU de Dordogne blindé de chasseurs de faisans, perdus entre le deuxième et le troisième Ricard.

Les "yessss" de Rihanna

Pendant la Coupe du monde, Twitter ressemble à un salon avec plein de canapés. Et c’est sympa, tout le monde est là. Même Rihanna. Son compte Twitter est un cas pratique intéressant à étudier.

La chanteuse a 36 millions de followers ; en temps normal, elle n'a déjà pas l'habitude de tweeter de grandes réflexions métaphysiques. Elle est plutôt du genre à poster le même selfie trois fois à la suite et des phrases de chansons telles que « Et je déteste que tout ce que je déteste n'arrive pas à la hauteur, parce que je t'aime ».

Mais depuis le début du Mondial, Rihanna, qui tweete beaucoup, a, il fallait le faire, réussi à raccourcir ses tweets. Et c’est pas la peine d’être bilingue pour les comprendre.

Excellent game. Rodriguez !! He’s just a baby ; Coloombia ; yeeees ; Germany come on.

C’est beau, hein ?

Et Rihanna n'est pas une exception. Pendant le Mondial, nous sommes tous des Rihanna. Et, bien pire, le Mondial, sur Twitter, c’est parfois un déversoir. Pendant le match entre les Etats-Unis et l’Allemagne, le mot « nazi » a été employé en moyenne 3,4 fois par seconde.

 e vous parie que ce sera pareil vendredi lors du quart de finale contre la France. Et ça se passe dans votre salon. 


 

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