Stuttgart 21, la ZAD allemande

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mercredi 19 novembre 2014

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Stuttgart 21, la ZAD allemande
Stuttgart 21, c'est un peu le barrage de Sivens ou l'aéroport Notre-Dame-des-Landes allemands. Un projet de nouvelle gare censé améliorer la liaison Paris/Bratislava mais qui n'est toujours pas sorti de terre. Non-respect de l'écologie, coût pharaonique, résistance: les parallèles avec les dossiers français sont nombreux.

Tous les lundis, à 18h, la même scène: des panneaux de signalétique Stuttgart 21 barrés d'un gros trait rouge envahissent la place du marché de la capitale du Land Bade-Wurtemberg au sud de l'Allemagne. Ils sont des centaines à défiler contre le projet d'une nouvelle gare censé transformer le terminus en une station passante. Et ça fait cinq ans que ça dure. 

 

Mobilisation allemande contre un projet de gare / CC Flickr Bündnis 90


Les militants dénoncent le coût du projet (6,8 milliards d'euros) et le non-respect de l'écologie. Le chantier ne tiendrait pas compte des failles géologiques, explique Carola, ingénieure et manifestante.

Cela fait des failles dans les maisons, on devrait les évacuer. Il y a 1.700 maisons de particuliers qui sont concernées ! 


 

La plupart des manifestants sont des cols blancs: avocats, architectes, urbanistes, ingénieurs... Leur combat ralentit considérablement le projet, et le chantier a à peine commencé. L'association Architecte 21 propose par exemple d'autres plans pour le centre-ville. Hanès, professeur d'urbanisme, commente :

C’est important d’imaginer une proposition alternative pour le futur de la ville. Si on ne construisait pas cette gare souterraine, on pourrait développer l’espace libéré, sans pression des investisseurs et construire des appartements bon marché ! 


 

 

Un combat qui a mené à la victoire historique des Verts aux élections locales de 2011 dans ce bastion bourgeois de la droite conservatrice. Mais dans le même temps, un référendum a finalement donné gagnant le "Oui" au projet. Les habitants de Stuttgart craignaient des hausses d'impôts liées aux milliers d'euros déjà avancés par l'Etat. 

Malgré cela, le mouvement continue, notamment après des violences policières en septembre 2010. Une centaine de militants avaient été blessés. En réponse, les jeunes de Stuttgart ont formé près de 600 riverains aux techniques de désobéissance civile comme par exemple s'enchaîner à des arbres. 

Reportage: Rozenn Le Saint / Edition: Rémi Ink



 

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