Sotchi, de la poudreuse aux yeux

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Vendredi 07 février 2014

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Sotchi, de la poudreuse aux yeux
La cérémonie d'ouverture des JO sera certainement flamboyante ce vendredi, à Sotchi. La Russie, comme la Chine il y a six ans, soigne la vitrine. Mais derrière les patinoires toutes neuves, la réalité est toute autre : expulsions en pagaille et chantiers destructeurs.

 

"Ma maison est vieille, et quand les constructions ont démarré tout a commencé à bouger", se désole Daniela. Elle vit en plein centre-ville, à l'ombre d'une tour de trente étages sortie de terre dans l'année. "Le plafond est tombé, puis on nous a coupé l'eau et l'électricité. Tous les voisins ont été expulsés, la plupart replacés dans des villages en dehors de Sotchi."

Son cas n'est pas du tout isolé. La Douma a voté une loi permettant d'accélérer les expropriations. Alexeï Kravets n'a pas été relogé. Là où se dressait sa maison, vous trouverez aujourd'hui le parking de la gare ferroviaire. "Ils ont tout jeté dans des flaques de boue. J'ai perdu ma maison, ma famille est détruite et ma vie aussi." Il a porté l'affaire devant la cour de justice européeenne, sans aucun résultat.

 

Alexeï Kravets sur l'emplacement de son ancienne maison transformée en parking

 

De tout cela, vous ne verrez rien sur la télé russe. Les chaînes nationales diffusent en boucle le clinquant des nouvelles infrastructures. A quelques heures de la cérémonie d'ouverture, les caméras filment le parcours de la flamme olympique, envahi par des citadins enjoués. "Ce qu'on a construit est vraiment grandiose", s'enthousiasme un habitant. Vladimir Poutine en rajoute une bonne couche : "Nous prouvons que la Russie est capable d'arriver au bout de tout ce qu'elle entreprend, et d'atteindre les objectifs les plus ambitieux."

Sur twitter, la presse internationale s'amuse au contraire à poster des photos de leurs hôtels pas encore finis. Cuisines manquantes, pas de réception à l'entrée, tout semble possible :

 

 

 

 

 

 

Lorsque le CIO a accordé les Jeux à la Russie, le pays ne possédait que 15% des infrastructures nécessaires. Le pari était risqué. Il est bien loin d'être remporté.

 

La presse russe à Sotchi n'est pas libre. Enquête édifiante à retrouver ici.

Le sexe, un carburant essentiel pour les athlètes pendant ces Jeux. Article à lire par là.

Et il est l'une de nos meilleures chances de médaille : portrait du skieur Samir Azzimani à relire en cliquant ici.


Reportage : Antoine Giniaux

Photos : Yann Bertrand

Mise en page : Augustin Arrivé

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