Santé : mieux vivre grâce aux serious games

le Reportage de la Rédaction Jeudi 19 juin 2014

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Maladies neurologiques : mieux vivre grâce aux serious games
Dans dix à vingt ans, on estime que 40% des plus de 65 ans souffriront d'une maladie neurologique. Alzheimer, Parkinson, accidents vasculaires cérébraux (AVC) : on peut désormais mieux vivre avec ces pathologies grâce aux Serious Games, les "jeux sérieux".

On connaissait les serious games, les "jeux sérieux", dans le domaine de l'éducation, de l'entreprise, de la communication. Moins ceux destinés à la santé. En France, il y en a une dizaine reconnus par l'agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). La plupart sont destinés à faire avancer la recherche notamment pour les maladies du cerveau.

Certains de ces serious games sont testés à l'Institut Claude Pompidou de Nice, l'un des vingt-sept Centres Mémoire de Ressources et de Recherche en France. L'objectif : favoriser l'interaction entre nouvelles technologies et soins des patients atteints d'Alzheimer, dès le diagnostic.

Par exemple, un jeu sur tablette propose aux patients de chercher dans un refrigérateur virtuel les ingrédients pour cuisiner une pizza. "Ca nous permet de fournir aux malades un outil pour faire travailler la mémoire et la capacité à planifier des actions dans le bon ordre", explique Pierre-David Petit, l'un des chercheurs du centre. Le problème c'est que chez les personnes âgées, il y a certaines réticences à pianoter sur un écran. Georges, un niçois de 77 ans, n'est pas convaincu.

C'est sympa mais je ne le referai pas chez moi. A mon âge, j'ai autre chose à faire.


 

La plupart des patients du centre finissent quand même par se laisser convaincre. Ils repartent avec une tablette prêtée pour un mois. Et chaque semaine, leurs résultats sont retanscrits en données chiffrées interprétables par le médecin qui peut ainsi évaluer les progrès ou au contraire les régressions du patient. "Les serious games permettent de lutter contre l'apathie des malades c'est-à-dire la perte d'initiative, de motivation", assure le docteur Philippe Robert, directeur de l'institut Claude Pompidou.  

C'est très fréquent dans la maladie d'Alzheimer. Au contraire, grâce aux jeux, la compétition, le loisir, les patients sont remotivés.


 

La plupart des serious games dans le domaine de la santé sont fabriqués à Paris dans le premier laboratoire commun de recherche en e-santé,  Brain e-novation. Il s'agit d'une collaboration entre, d'une part l'Institut du Cerveau et de la Moelle de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière; et d'autre part le groupe Genious, un développeur de serious games.

Parmi les jeux les plus récents : Voracy Fish, un jeu de réeducation des membres supérieurs pour les personnes hémiplégiques qui ont été victimes d'un AVC, un accident vasculaire cérebral. Le serious game fonctionne avec une camera Kinect. "Le patient fait des mouvements très précis", explique Pierre Foulon, chargé de la e-santé au sein du groupe Genious. "Disto, c'est-à-dire la main qui s'éloigne du corps, ou proximo, la main qui revient vers le corps. Et il peut faire travailler son bras malade en s'aidant avec sa main saine".

Voracy Fish, l'un des serious games developpés par le groupe Genious

L'idée c'est surtout de permettre aux patients de faire des économies. "Quelqu'un qui ramène sa santé à domicile a moins de coût de déplacement, et encombre moins les plateaux de réeducation", détaille Pierre Foulon. Et ça n'est pas négligeable quand on sait que le coût sociétal des maladies neurologiques en Europe est évalué à 200 milliards d'euros par an.

Le serious game Ehpad'panic permet de former le personnel des maisons de retraite.


 

Reportage : Emma Sarango

Photo de couverture : Capture d'écran / ©Genious

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