Sans papiers à Manille

Allô la Planète Jeudi 06 novembre 2014

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Sans papiers à Manille
Fred est belge, installé aux Philippines depuis plusieurs années. Une expérience éprouvante au quotidien. Surtout depuis quelques jours, car l'administration l'a pris en grippe et menace de le "déporter". Adelina est franco-italienne, autant dire qu'elle est fin gourmet. Sur son blog, elle propose sa recette du bonheur, avec un ingrédient majeur : le voyage et les rencontres.

 

De riche touriste à pauvre expat de banlieue; de beau blanc adulé à sale étranger à buter; de Don Juan invétéré à père de famille assagi; d'européen socialement sécurisé à disciple de la vie au jour le jour. Je suis parti au paradis et me suis retrouvé en enfer. Mais qu'est ce que je fais là ?


 

  • Nous avions déja consacré une émission à Fred, expat depuis 2008 à Manille où il a rencontré son épouse. Nous l'avions appelé "Partir au paradis et découvrir l'enfer". Fred nous a recontacté avec un long message dont voici quelques extraits :

 

" Je termine mon livre (Philippines, mode d'emploi - Guide d'un expatrié en galère) sur ces mots : « Le futur je ne peux ni ne veux l’envisager… bahala na (que ce qui doit arriver, arrive) ».

 Et bien voilà ce qui est arrivé. Ayant les moyens financiers de régulariser ma situation vis-à-vis de l’administration philippine en matière d’immigration, j’ai voulu terminer la procédure m’octroyant la «résidence permanente», le fait de pouvoir vivre et travailler aux Philippines en toute légalité.
J’ai découvert que je me trouvais sur liste noire, ce qui signifie que j’étais susceptible d’être expulsé à tout moment. Je décide de régulariser donc et me rends au Bureau de l’Immigration de Manille. J’ai 2000 euros dans ma poche qui suffisent largement à payer la procédure et les pénalités d’ «overstaying».
C’est le choc. Je me fais remballer car cette somme n’est «pas suffisante», ils me parlent de 5000 euros que je n’ai pas.

 En en parlant à une connaissance, un Suédois marié à une Philippine, il me dit que justement son épouse s’occupe d’arranger les situations administratives « compliquées » (je suis loin d’être le seul) des expats.
Nous y voilà, ce genre de personnes portent le nom de « fixers » puisqu’ils fixent (règlent) les problèmes des autres. Contre rétribution, c’est normal. Les fixers ont mauvaise réputation aux Philippines et les mises en garde ne manquent pas de la part des autorités. D’accord. Mais comme à l’immigration ils cherchent à m’escroquer, ai-je vraiment le choix ?

9 mois plus tard, voilà où nous en sommes. La dame me dit qu’elle a tout réglé sic. Selon elle c’est «presque» terminé. je reçois 2 documents officiels de l’immigration. Le 1er stipule que je ne suis plus sur liste noire et le second que j’y suis à nouveau et sommé de quitter le territoire pour 1 mois. De plus, à moins de (re)payer +/-2000 euros (voir pièces jointes), je suis bon pour la déportation.

Si je n’avais pas de famille ici, je me laisserais bien volontiers déporter tu vois. Je suis un peu découragé là."

 

  • Pour parler de choses plus gaies, petit détour par Edimbourg où nous attend Adelina, belle italienne qui a trouvé sa propre "recette du bonheur"

 

  • Fort de son expérience pour Immigrants, série d'entretiens dessinés et de portraits soutenus par Amnesty International (futuropolis, 2010), Christophe Dabitch a poursuivi son voyage journalistique pendant un an pour recueillir la parole d'une humanité malmenée, bafouée ou ignorée. Il a rapporté 13 témoignages sur le vif. Des trottoirs de Buenos Aires aux couloirs de la mort dans les prisons japonaises, en passant par la Grèce, la Syrie, le Burkina, 13 rencontres mises ensuite en images par 13 dessinateurs, mêlant fiction et documentaire, données géopolitiques et ressenti subjectif, avec une toile de fonds : les droits et la dignité de l'Homme.

 

"Etre là", avec Amensty International, des reportages de Christophe Dabitch dessinés par Abirached, Benjamin Flao, Durieux, Roudeau... aux éditions Futuropolis.

 

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