Samsung reformate sa présidence

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Jeudi 14 novembre 2013

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Samsung reformate sa présidence
Le patron du géant de l'électronique a 71 ans. Il est temps de passer la main. Or Samsung représente 20% du PIB sud-coréen. La succession entre les trois rejetons du boss risque de ressembler à une partie d'Angry Birds.

 

Frédéric Ojardias, notre correspondant à Séoul, a hérité d'une mission : nous expliquer les rouages de la succession à la tête de Samsung. Résultat en cliquant ci-dessus.

 

En France, Samsung, c'est une marque de smartphones et, plus généralement, de matériel technologique. En Corée du Sud, c'est bien plus que ça : vous pouvez partir en vacances avec Samsung, et si vous tombez malade, l'assurance Samsung peut prendre en charge vos frais de santé. Le chiffre d'affaires du géant représente un cinquième du PIB national. Lee Kun-Hee, l'actuel big-boss, est assis sur une montagne d'or. A 71 ans, la question de sa succession pourrait tourner à la guerre de tranchées.

 

 

Lee Kun-Hee semble avoir ses fans. Preuve en est avec ce diaporama youtube abscons.

 

L'homme avait une fille, Yoon-Hyung, 26 ans. Diplômée, belle et riche, sa fortune personnelle était estimée à 115M€. Mais l'argent ne fait pas tout. La jeune femme s'est suicidée en 2005 dans son appartement de Manhattan. Ses parents ne se sont pas déplacés pour les funérailles. Ambiance.

 

Yoon-Hyung était la benjamine de la famille. Bu-Jin, la soeur aînée, a 41 ans. Elle s'occupe depuis 2010 la branche touristique de la marque (Samsung Everland, qui gère notamment un parc d'attraction gigantesque près de Séoul, et Hôtel Shilla, une chaîne internationale de palaces). Ce qui lui permet d'apparaître à la 15e place du classement Forbes des personnalités les plus riches de Corée du Sud.

 

 

L'Empire Samsung, reportage de Loïc de la Mornais et Jean-François Monnier © France2, 2001

 

Seo-Hyun, la cadette, est 21e de la même liste. Elle est à la fois vice-présidente de la branche mode et luxe du groupe (Cheil Industries) et vice-présidente de son agence de publicité (Cheil Worldwide), l'une des quinze plus puissantes agences du genre au monde.

 

Lee Jae-Yeon, 45 ans, seul fils du papounet et aîné de la fratrie, n'a dirigé que brièvement la filiale internet de la marque. Ce fut un désastre. C'est pourtant bien lui, tradition oblige, qui est pressenti pour hériter du trône. En 2008, papa Lee avait déjà tenté de lui refourguer discrétos une partie de ses actions en bourse. Une fraude fiscale qui l'avait conduit au tribunal. Sa condamnation avait finalement été annulée par grace présidentielle et il avait pu reprendre son poste.

 

La boîte est si précieuse qu'on ne peut pas se permettre de la faire vaciller. Et toute la population s'en préoccupe. Une grande partie de l'opinion souhaiterait d'ailleurs une quatrième voie dans cette histoire de succession. Après tout, pourquoi laisser les clés de la maison à l'un des enfants ? N'y aurait-il pas quelqu'un, à l'extérieur de la famille, de plus compétent que les Lee ?

 

 

Lee Kun-Hee a déjà gagné un procès en février contre ses frères et soeurs qui réclamaient du fric © Arirang

 

L'héritage avait déjà posé de gros problèmes entre le patron et ses frères et soeurs. La nouvelle génération va devoir apprendre à se contenir si elle ne veut pas alimenter, à son tour, les gros titres des tabloïds.

 

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