Salvador Allende n'est pas mort

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mercredi 11 septembre 2013

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Salvador Allende n'est pas mort
L'ex-président socialiste chilien s'est suicidé le 11 septembre 1973. Quarante ans plus tard, il est toujours l'emblème de la jeunesse révoltée. Les manifestants des rues de Santiago le citent en exemple, tout en vomissant son successeur, Augusto Pinochet.

 

Claire Martin, notre journaliste à Santiago, a invoqué l'esprit d'Allende, et il lui est (presque) apparu. Son reportage est à écouter en cliquant ci-dessus.

 

Augusto Pinochet n'est plus au pouvoir depuis 1990. Voilà même sept ans qu'il est mort. Mais on ne cicatrise pas de toutes les blessures, et les Chiliens ont encore la chair à vif quant il s'agit de démocratie. 3.200 morts ou disparus, et 38.000 citoyens torturés, c'est sûr, ça vous traumatise un peuple.

Alors dimanche, ils étaient encore des dizaines de milliers dans les rues de Santiago, la capitale, pour hurler leur colère. "La figure d'Allende symbolise la révolution et l'égalité", explique Alina Gonzalez, un drapeau du président déchu à la main. "Alors que Pinochet a imposé un système néolibéral qui continue de nous étrangler aujourd'hui."

 

Die-in à Santiago du Chili, le week-end dernier

 

Boosté notamment par ses mines de cuivre, le Chili se relève économiquement, mais les inégalités entre riches et pauvres sont démentielles, et le système éducatif, hérité de la dictature, est l'un des plus chers et des moins efficaces du continent. Michèle Bachelet a d'ailleurs promis la gratuité des études si elle est réélue présidente en novembre prochain.

 

 

Il serait temps : les étudiants, descendus dans la rue en 2011 dans la foulée des mouvements d'Indignés, ne se sont jamais calmés. Sebastian Piñera, l'actuel chef d'Etat, ne les écoute pas, alors ils tentent des gestes forts, comme ce week-end où leur marche s'est achevée au cimetière, devant le mémorial des victimes de Pinochet.

 

 

Salvador Allende, qui s'est suicidé plutôt que de se rendre, est devenu leur héros ultime, gagnant en popularité à mesure que son tyran de successeur devenait impopulaire. Longtemps passé sous silence, le bilan des années sombres est aujourd'hui en passe d'être dévoilé. Et le musée de la mémoire consacré aux victimes des violations des droits de l'homme a ouvert en 2010. Voilà trois ans que ses couloirs sont bondés.

 

 

Benoît Bouscarel, de la rédac' du Mouv', s'était rendu à Santiago l'an dernier pour écouter ces étudiants en colère. Son documentaire, Villes Rebelles, est toujours d'actualité :

 

Et parce qu'il y a toujours un Vera Cruz à l'autre bout du monde, retrouvez l'ensemble de nos reportages en cliquant par ici.

 

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