Robots et frères d'armes

L'actualité numérique Lundi 23 septembre 2013

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Robots et frères d'armes
Un drôle de mal touche l'armée américaine : l'affection que développent certains soldats pour les robots de combat qui les accompagnent sur le terrain. Une fraternité susceptible de modifier la prise de décision sur les champs de bataille.

Je dédicace cette histoire à tous les robots qui ont donné leurs vie en protégeant les troupes. Merci, p'tits mecs !


 

Voilà le genre d'hommages qui fleurissent de plus en plus dans les troupes des fameux GIs, les soldats de l'armée américaine : une pensée émue, un petit mot, voire une véritable cérémonie militaire, avec médailles et tout le tremblement, pour tous ces robots tombés au champ d'honneur.

Tous ces PacBot, iRobot, ou bien encore MarcBot, envoyés sur le terrain pour protéger les humains, et pour lesquels ces derniers développent un attachement parfois profond. "Ces petits bâtards peuvent développer une personnalité, et ils sauvent tant de vies", peut-on lire dans un commentaire laissé par un militaire sur le site communautaire Reddit.

Un Pacbot 130 sur le terrain

Le phénomène ne semble pas être isolé. Il y a Boomer, “emporté trop rapidement”. Et Owen Wilson, l'engin suicidaire, que le robot Danny De Vito a tenté de sauver. Dès 2011 même, Gizmodo rapportait l'histoire poignante de ScoobyDoo, petit robot démineur qui n'a pas pu être réparé.

Un attachement d'ordre affectif

Et ces jours-ci, c'est une étude menée par une scientifique américaine qui vient confirmer cet attachement robots-soldats.

A en croire Julie Carpenter, qui est allée à la rencontre de 23 militaires en contact permanent avec des robots, les soldats ont tous tendance à attribuer des caractéristiques "humaines ou animales" à ces engins tout en chenilles et écrous. Ils leur donnent des sobriquets inspirés des noms de leur petit(e)-ami(e) ou d'une starlette de cinéma, les décorent même parfois, et manifestent de la frustration, de la colère voire de la tristesse au moment de leur disparition.

Et ce même s'ils ont parfaitement conscience que leurs compagnons de métal n'est qu'une aide technique, précise encore la chercheuse.

Quand un robot n'est plus fonctionnel, ils disent qu'ils sont en colère parce que c'est un outil important mais alors ils ajoutent 'pauvre petit gars' ou précisent qu'ils ont organisé des funérailles pour lui.


 

 

Un syndrome Wall-E qui interroge la scientifique :

Personne ne veut de quelqu'un qui hésite à utiliser ces robots en raison de sentiments qui dépassent la relation à un outil. Si on se sent attaché à quelque chose, cela affectera la prise de décision.


 

En pleine rédaction d'un livre sur ce drôle de lien entre humains et machines, Julie Carpenter espère que l'armée américaine prendra en compte cette empathie dans la réalisation et l'introduction de nouveaux robots sur le champ de bataille.

En attendant, ce phénomène vient une nouvelle fois interroger l'art et la manière de faire la guerre aujourd'hui. Déjà bousculé par l'introduction des drones, ces engins téléguidés susceptibles de tuer alors même que leur pilote est à des milliers de kilomètres du théâtre des opération, le modus operandi des conflits modernes risque fort de ne pas règler de si tôt ces problématiques mi-humaines, mi-robots. Qui ne sont qu'à leurs balbutiements.

Car on ne parle même pas encore d'intelligence artificielle.

SONS :

- "Wall-Eeeeeee !", le plus adorable de tous les robots

Andréa Fradin

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