Reverse mentoring: et si c'était vous, le boss ?

Prêt-à-l'emploi Vendredi 09 mai 2014

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Reverse mentoring: et si c'était vous, le boss?
Chaque semaine, "Prêt-à-l'emploi" vous donne quelques conseils pour survivre dans la jungle du monde du travail.

 

Les grandes entreprises sont larguées. Tétanisées face à la crise. A l'ouest dans un monde où elles ne maîtrisent pas les codes, dans lequel la révolution numérique les oblige non pas à déployer une "stratégie digitale" comme elles le pensent souvent mais à redéfinir globalement leurs produits, le marché, leurs rapports aux consommateurs.

Pour la première fois, la jeune génération connaît mieux que ses aînés le monde dans lequel elle vit.

Oussama Ammar dirige TheFamily, une société d’investissement qui soutient des start-up. Pour lui, c’est historique : les moments de crise ont toujours porté la jeunesse au pouvoir.

https://soundcloud.com/elodie-vialle/des-jeunes-a-la-tete-des-entreprises-une-solution-face-a-la-crise

 

Dans ce contexte, des entreprises commencent à s'intéresser au "reverse mentoring". C'est à dire au fait, pour un dirigeant, d'être "coaché" par un jeune, ou de choisir un jeune salarié -et non un salarié plus expérimenté- pour être tenu informé régulièrement des tendances du marché.

  • Première étape du "reverse mentoring" : faire former les équipes dirigeantes par des jeunes. Si vous voulez devenir un "reverse mentor", cela dépendra évidemment de vos chefs et de leur volonté -ou non- d'apprendre des choses auprès de quelqu’un qui a 20 ans de moins qu’eux. Vous pouvez aussi intégrer MakeSense, un réseau d’une centaine de jeunes professionnels qui interviennent auprès des directions des grandes entreprises.

 

  • Deuxième étape : intégrer des jeunes diplômés à des postes de direction. Aux Etats-Unis, WalMart a tenté d’enrayer sa perte de parts de marché face à Amazon en mettant notamment à des postes de direction des personnes d’à peine plus de 25 ans.

 

Pour l'investisseur Oussama Ammar, cette mutation ne se fera pas sans "casse":

Beaucoup de sociétés vont devoir faire des choix très durs pour déterminer qui seront leurs prochains managers, et ils ne serait pas étonnant que la génération des 40/50 ans soit sacrifiée au passage. C'est une génération qui a été ralentie par les baby-boomers, et qui est aujourd'hui dépassée par la jeune génération, qui en sait beaucoup plus sur les transformations du monde.


 

Evidemment, les "board" et autres "comex" des entreprises sont encore loin d'être investis par des jeunes, et cette ouverture ne concernera dans tous les cas qu'une poignée d'ultra-privilégiés.

Pour l'heure, la grande avancée réside plutôt dans le vote début mai par les sénateurs du passage de l’indemnité de stage de 436,05 euros à 523,26 euros par mois, notamment grâce au travail de lobbying du collectif Génération Précaire.

De quoi sabrer le Champomy, en attendant un vrai changement dans les entreprises.

 

 



 

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