Retour en arrière ou retromania?

Plan B (best of) Lundi 16 avril 2012

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Retour en arrière ou retromania?
Frédéric Bonnaud reçoit Marc Dugain pour son livre Avenues des géants (Gallimard) et Oriane Jeancourt pour le dernier numéro du Magazine Transfuge.

Avenue des géants, un livre de Marc Dugain publié chez Gallimard.

Al Kenner serait un adolescent ordinaire s'il ne mesurait pas près de 2,20 mètres et si son QI n'était pas supérieur à celui d'Einstein. Sa vie bascule par hasard le jour de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Plus jamais il ne sera le même. Désormais, il entre en lutte contre ses mauvaises pensées. Observateur intransigeant d'une époque qui lui échappe, il mène seul un combat désespéré contre le mal qui l'habite.
Inspiré d'un personnage réel, Avenue des Géants, récit du cheminement intérieur d'un tueur hors du commun, est aussi un hymne à la route, aux grands espaces, aux mouvements hippies, dans cette société américaine des années 60 en plein bouleversement, où le pacifisme s'illusionne dans les décombres de la guerre du Vietnam.

Oriane Jeancourt pour le magazine Transfuge.

L'éditorial de Vincent Jaury

On avait tout misé en septembre dernier, pour la rentrée littéraire, sur Éric Reinhardt et son Système victoria. Il a fait notre cover et on attendait un des prix littéraires pour notre homme. Je n'y reviens pas, roman qui prend en charge son époque, la jouissance et le capitalisme. On avait donc tout misé sur lui... et tout perdu, nous sommes ressortis les poches vides. Et les gagnants furent : Alexis Jenni, prix Goncourt ; Mathieu Lindon, prix Médicis, Emmanuel Carrère, prix Renaudot, Marien Defalvard, prix de Flore. Ces prix provoquèrent une colère diffuse au sein de la rédaction, une déception devant ces livres que nous n'aimions pas trop. Point commun : réalisme historique, livres qui tournent le dos à notre époque. Des mois plus tard, bis repetita : Anne Wiazemsky, avec son Année studieuse, remporte les suffrages de la critique. Quelques mots sur les années 60, sur Jean-Luc Godard. Rien d'intéressant sinon le constat que gagnait une nouvelle fois le réalisme historique. On n'en sortait plus. Les écrivains ne seraient-ils plus capable que de se remémorer ? Effarement de Transfuge, une nouvelle fois, devant ce succès ! Et une goutte d'eau fit déborder le vase, il y a quelques semaines. Richard Millet, membre très influent du comité éditorial de Gallimard, écrivain de son état, fait une sortie à l'émission Ce soir ou Jamais qui ferait passer Marine Le Pen pour mère Thérésa : racialement, le monsieur aimerait savoir où on en est, aujourd'hui, en France ? Gobineau, sort de ce corps, et je dis « Gobineau » pour éviter un procès. C'était mieux avant, quand même. S'entend, avant 1968, cause de notre décadence.

Diable, que se passe-t-il au royaume des lettres ? (Lire la suite sur le site de Transfuge)

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