Rentrée - Règle n°1 : ne jamais menacer ses élèves

Rien à voir Lundi 01 septembre 2014

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Rentrée - Rule n.1: Ne jamais menacer ses élèves
Une enseignante américaine a insulté et menacé ses élèves sur Twitter. Bonne rentrée à tous !

 

En ce jour de rentrée scolaire, je voudrais qu'on ait tous une pensée pour les protagonistes de cette journée si particulière. Aux parents d'abord, qui rappelons-le, vacances d'été obligent, ont parfois passé deux mois entiers avec leur progéniture à la maison, soit 61 jours, 1460,96 heures ou encore 5 259 487,66 secondes.

Parents qui ce matin s'apprêtent donc à déposer la chair de leur chair devant la grille de l'école, non sans exécuter une petite danse de la joie et s'être préalablement autoligaturé les trompes avec le compas et le rapporteur de la liste de fournitures.

 

"Seum rentrée"

Je pense aussi évidemment aux élèves qui accueillent cette nouvelle année avec la joie et le bonheur qu'il convient d'adopter quand on s'apprête à passer un an entre quatre murs décrépis à mémoriser la date de naissance de Clovis, tout cela en vue de travailler un jour en contrat de génération, le dimanche, en étant payé avec un SMIC Jeunes.

Et si vous voulez vous vérifier que les enfants sont vraiment ravis de leur condition d'élèves, il vous suffit de taper "seum rentrée" sur Twitter. Veillez bien à écrire rentrée "RANTRET" pour vous assurez d'obtenir un résultat optimal.

 

Mais c'est aux profs auxquels j'ai envie d'adresser ce matin mes sentiments les plus chers et toute ma compassion. Même si on avait deux trois indices, ça fait quelques années maintenant qu'on est capable de mesurer le niveau de stress et dépression des profs à l'approche de la rentrée scolaire.

Redrum

Depuis quelques temps, les réseaux sociaux, Twitter et Facebook en tête, accueillent en effet les inquiétudes, les émotions des prof qui s'apprêtent à reprendre le chemin de l'école. Sur Twitter, ça se passe sous le hashtag #teachersproblems sur lequel on trouve essentiellement des gifs animés de Jack Nicholson dans Shining. Et il n'y a rien de mal à cela, les réseaux sociaux jouent pour les profs comme tout le monde un rôle essentiellement cathartique.

Mais il y a des profs qui poussent la catharsis un peu trop loin. Une prof en l'occurrence. Elle s'appelle Krista Hodges, elle est enseignante à Newark dans le nord de la Californie.

Et c'est sous le pseudo de Mrs Hodges sur Twitter que l'enseignante écrit depuis six mois tout le bien qu'elle pense de ses élèves. Quelques exemples de tweets qui ont été supprimés depuis :

Demain matin, j'irai chez Starbucks avant l'école, comme ça j'aurais quelque chose de rafraichissant à boire ou à jeter sur cette bande de petits trous du cul.


 

Je vous ai déjà dit à quel point mes élèves étaient laids ?


 

Le problème avec les classes d'été, c'est que je me tape tous les attardés qui ont échoué pendant l'année et sur lesquels j'ai tellement envie de rouler avec ma voiture.


 

J'ai déjà envie de poignarder un élève, est-ce mal ?


 

Non. C'est pas top. C'est en tout cas ce qu'a pensé un de ses collègues qui était également sur twitter et qui a repéré le compte de la prof il y a quelques jours. Il l'a signalée à son établissement et a fourni une copie des tweets au journal local. La fameuse solidarité entre vecteurs de savoir.

Bad Teacher

L'enseignante s'est empressée de supprimer les tweets puis son compte. Ce qui, on le sait, ne sert strictement à rien. C'est trop tard.

Interrogée par le fameux journal local, la prof s'est expliquée en racontant que si elle avait su que quelqu'un allait lire ses tweets, elle n'aurait jamais écrit cela. Et vous aurez noté qu'elle ne regrette pas d'avoir écrit qu'elle voulait rouler sur ses élèves avec son gros Range Rover de ricaine. Juste qu'elle regrette de s'être fait choper.

Elle explique aussi qu'elle n'aurait jamais touché un cheveu de l'un d'entre eux, et que tous ses élèves pourraient témoigner en sa faveur, dire qu'elle est leur prof préférée et qu'elle avait établi une relation priviégiée avec eux. Probablement parce qu'elle les tient en joue avec un fusil de chasse et un frappuccino.

Cette histoire, vraie, n'est pas sans rappeler le film Bad Teacher dans lequel Cameron Diaz martyrisait elle aussi ses élèves. Un film pas guedin mais rigolo (et si Les cahiers du cinéma souhaitent m'embaucher comme critique, merci d'écrire au Mouv' qui transmettra).

 

J'aurais bien aimé dire qu'il y a une morale à cette histoire, que la prof s'est fait virer et qu'il ne faut donc jamais menacer ses élèves sur Twitter ou ailleurs. Mais même pas, elle n'a pas été licencée et a simplement reçu un courrier lui demandant de surveiller ses propos.

Du coup, s'il faut retenir quelque chose de cette affaire et fournir un conseil aux profs qui nous écoutent: si vous voulez menacer l'intégrité physique de vos élèves sur Twitter, faites-le sous le nom d'un collègue.

Nadia Daam

 


 

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