Que va devenir Cabaret Frappé ?

le Reportage de la Rédaction Vendredi 25 juillet 2014

Réécoute
Dernières diffusions
Que va devenir Cabaret Frappé ?
Cette 16e édition de Cabaret Frappé, grand festival d'été grenoblois, est un succès, avec trois premières soirées complètes. Pourtant, le changement de majorité à la mairie risque d'entraîner des changements dans l'organisation de la fête.

 

Cabaret frappé, c'est d'abord une grande fête populaire et un réservoir de musique live en plein coeur de la ville. Bien loin de l'oublier, Le Mouv' vous propose d'aller voir par ici à quoi ça ressemble. Et on vous donne rendez-vous samedi 26 juillet pour une soirée de concerts entièrement gratuite : As A New Revolt, Empire Dust, Thomas Azier, Fakear et Pulpalicious se succèderont sur scène.

 

Cabaret Frappé attire chaque année davantage de monde au Jardin de Ville © Augustin Arrivé

 

Néanmoins, difficile de parler du festival sans évoquer les municipales. Alors que les Vieilles Charrues, pour ne citer qu'elles, ne reçoivent aucune subvention publique, Cabaret Frappé est littéralement porté par la ville et les collectivités territoriales (agglo, département, région). Si bien que la récente défaite aux municipales de Michel Destot, maire de Grenoble depuis la création de l'événement, s'accompagnera certainement de changements. L'ancien édile se dit inquiet.

Il serait grave que ce qui était l'oeuvre de mon équipe se retrouve mise à mal pour des raisons budgétaires trop faciles à évoquer quand on veut tourner une page.


 

Attention ! Prétendre que la mairie se retirerait des dossiers culturels serait un mauvais procès et un mensonge : une nouvelle salle de spectacle, la Belle Electrique, ouvrira dans l'année, le Palais des Sports s'apprête à être de nouveau géré directement par la municipalité, et Eric Piolle a bien l'intention de développer des partenariats avec d'autres festivals. Simplement, Cabaret Frappé n'est peut-être plus une priorité.

 

Le maire Eric Piolle, fan de Tricky, ne veut plus "tout gérer" dans le festival © Augustin Arrivé

 

"On est en train de réfléchir sur la suite", reconnaît Olivier Bertrand, conseiller municipal délégué aux animations et aux événements festifs. "Ca marche très bien mais on a envie de se reposer et de remettre en question certaines choses." Et notamment laisser une partie du financement à des sponsors privés. Dans le langage du maire, Eric Piolle, ça s'appelle "fixer des cadres et libérer les énergies". Après tout le Crédit Mutuel participe déjà au budget de la fête. Il sera sans doute rejoint par d'autres.

Deux pistes sont à l'étude. La première consisterait à rendre l'intégralité du festival gratuit (il est aujourd'hui l'un des moins chers de France, mais les soirées sous le chapiteau coûtent encore 17€ en plein tarif). Ca signifierait de boucler le budget grâce à la seule buvette. Pas simple, et pas sûr que ça permette, comme cette année, d'inviter des stars comme Tricky, fondateur de Massive Attack. Et puis, ajoute Olivier Bertrand, "si c'était entièrement gratuit, le Jardin de Ville deviendrait un site trop petit pour faire face à l'affluence."

Loran Stahl, directeur de Cabaret Frappé, préfère se concentrer sur l'édition 2014 © Augustin Arrivé

 

L'autre option serait d'allonger la durée du festival. Il s'étale aujourd'hui sur six soirs, mais ça n'a pas toujours été le cas. En 2001 par exemple, il avait duré trois semaines, du 21 juillet au 10 août. Quoiqu'il en soit, rien n'est décidé. Et c'est ce que vous répondra le directeur, Loran Stahl, si vous lui posez la question : "Je suis en pleine 16e édition du Cabaret et c'est très difficile de s'investir à 300% de la meilleure manière tout en se projetant déjà sur l'année prochaine." La mairie promet de ne rien décider sans être certaine que le résultat sera au moins aussi bon que la formule actuelle.

 

Et si on parlait un peu de musique ? Cabaret Frappé, en 2014, ça ressemble à ça.

Le Mouv', partenaire de Cabaret Frappé. Plus d'info par ici.


 

Les choix actu du Mouv', c'est tous les jours dans le Reportage de la Rédaction

Et abonnez-vous au podcast RSS et iTunes


 

Reportage, photos, mise en page : Augustin Arrivé

 

Commentaires