Quand Paris devient un concept store

Rien à voir Jeudi 17 avril 2014

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Quand Paris devient un concept store
Les classes populaires fuient la capitale depuis plusieurs années déjà. Cedric Naudon, un riche homme d'affaires a décidé d'accélérer le processus en transformant un quartier entier du 10ème arrondissement en parc d'attraction "arty" et "gastronomique". Rien à voir est en deuil.

Chronique parisienne aujourd’hui. Mais pas vraiment, puisque le phénomène se répand partout : il s’agit de la fin du monde. Tout simplement.

La fin du monde, c’est quand on annonce qu'un richissime investisseur achète TOUTES les boutiques d’une rue parisienne. En l’occurrence la rue du Vertbois, près de la place de la République, dans le 3ème arrondissement. Fin mars, l’Express Styles consacrait pas moins de 8 pages dithyrambiques à cette catastrophe.

36 pas de porte, pour environ 30 millions d’euros : ça s’appelle privatiser une bout de la ville. Après le "concept store", voici la "concept street". A Marne-la-Vallée, il y a Disneyland, dans le 10ème il y aura bientôt la Jeune Rue. Avec un grand J et un grand R.

 

On y trouvera un marché couvert qui « réinvente l’étal de la marchande », mais aussi un glacier, un bar à huitres, un concept store évidemment, un club japonais –on ne sait pas ce que c’est-, une galerie d’art... L'argument marketing qui doit rendre le projet moralement acceptable, c’est que la Jeune Rue prévoit de se fournir chez des producteurs français. Des gens qui font de l’agriculture dans le respect de l’écologie et des savoir-faire traditionnels, nous dit-on. Formidable. Sauf que quand c’est destiné à une poignée de personnes, ce n’est rien d’autre qu’un snobisme de plus.

Une chronique pour regretter le temps où Paris était une ville à vivre, et non une ville "concept".

 


 

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Photo : Yannick Labrousse pour l'Express Styles
 

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