Quand ça veut pas... ça veut pas

L'Actu au Karcher Vendredi 05 juillet 2013

Réécoute
Dernières diffusions
Quand ça veut pas... ça veut pas
Tout est une question de timing. N'est-ce pas Marion Bartoli ? Hein, t'aurais quand même pu éviter de gagner ta première demi-finale à Wimbledon depuis 2007 PILE au moment où Delphine Batho nous promettait, nous vils journalistes, de balancer sur le gouvernement !

 

Ayons une pensée, une fois n'est pas coutume, pour Marion Bartoli. La seule joueuse française de tennis qui, en ce moment, une fois sur 20, dépasse péniblement les quarts de finale d’un tournoi. Et là, le coup de bol d’une vie, tous les gros bras féminins de Wimbledon se sont ramassés, première finale de ce tournoi pour elle depuis 2007.

Sauf que voilà, quand on réussit un tournoi du Grand Chelem tous les 6 ans, faut faire gaffe à son timing. Et là, le drame : Marion Bartoli a certes gagné, mais elle a serré le poing de la victoire pile au moment où Delphine Batho, fraîchement évincée du gouvernement, a commencé sa conf de presse. A votre avis, les journalistes, ils étaient où ?

Ben oui, près de Batho, qui avait promis de tout dire. C’est simple, Delphine Batho est un peu notre Edward Snowden à nous. Comme le jeune Américain qui a dévoilé le système de surveillance des Etats-Unis, Batho se présente en "lanceuse d’alerte", rien que ça.

Et c’est parti pour le Batho show, son jour de gloire… Batho, elle est transparente depuis un an, on ne sait presque rien, voire rien du tout, de sa politique au ministère de l’écologie, à peine se souvient-on qu’elle était une groupie de Royal en 2007… Et là, moment jouissif, elle se retrouve face à 60 journalistes politiques, elle n’en a jamais vu autant d’un coup, elle jubile, elle est proche de l’orgasme politique, il monte, elle est prise des centaines de fois en photo, c’est un peu son festival de Cannes à elle, l’orgasme monte encore, et bam : là-voilà qui balance sur Hollande qui mène une politique de rigueur qui ne dit pas son nom, là-voilà qui fouette sauvagement Jean-Marc Ayrault qui ne permet pas un « débat collégial »… puis, pleine d’énergie, elle appelle la gauche à un sursaut, rumine au passage que Jérôme Cahuzac ait été remercié pour son boulot et pas elle, et bave sur les lobbys.

Le plus beau moment de sa vie, ou presque... Elle y croyait Batho, elle se voyait, à la Bernard Tapie, occuper 25 minutes du JT de France 2… Elle s’imaginait reine de la Terre, chef des écolos, elle s’imaginait coloniser l’espace.


Et puis le drame.

Une nouvelle fois, le sort s’acharne.

Une nouvelle fois, le mauvais timing.

 

Au moment où elle quitte la conférence de presse, arrive dans cette folle après-midi d'hier… Nicolas Sarkozy, qui évacue dans la même fournée Batho et Bartoli. Le conseil constitutionnel a décidé de ne pas valider ses comptes de campagne en 2012. Ce qui veut dire, en gros, que l’UMP va devoir rembourser 11 millions d’euros à l’Etat. Merde ça en fait des petits fours, des élections internes, des Cocoe et des Conare en moins, ça. 

Mais le pire arrive : Sarkozy, avocat de formation, qui a donc étudié le droit, décide dans la foulée de démissionner du conseil constitutionnel. Sauf qu’on ne démissionne pas du conseil constitutionnel, quand on est un ancien président de la République, on en est... membre à vie.

Hier, Barto(li), Batho et Sarko étaient dans un bateau. À vous de voir lequel est tombé à l’eau.

 

---

L'actu au karcher, c'est chaque matin, à 8h35, avec @elofont

Commentaires