Psychose : la réinvention d'Hitchcock

Les grossiers de l'écran (2013-2014) Jeudi 24 juillet 2014

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Psychose : la réinvention d'Hitchcock
Comment à 60 ans, le maître du suspense a surgit là où personne ne l'attendait après La Mort aux trousses : sur le terrain de l'épouvante avec l'adaptation du roman Psychose, de Robert Bloch. Un gros défi personnel, remporté envers et contre tous.

 

En 1959, Alfred Hitchcock sort du tournage de La Mort aux trousses, sans doute son film le plus glamour et spectaculaire.

 

Le film marque sans doute l'apogée stylistique et commerciale du maître, dans la foulée des inoubliables et flamboyants Sueurs Froides, L'Homme qui en savait trop ou encore Fenêtre sur cours. Pour son film suivant, Hitch' va justement vouloir prendre le contrepied radical de ces grosses productions dans lesquelles il a l'impression de s'être piégé tout seul. Vivant difficilement le cap de la soixantaine, raillé par certains critiques qui commencent à voir en lui un dinosaure, le réalisateur veut revenir à une petite production en noir et blanc, tournée rapidement et sans grosse star, comme à ses débuts anglais.

En lisant Psychose de Robert Bloch, il pense tenir le sujet sulfureux qui se prêtera totalement à ce désir de mise en danger. Mais dans un système hollywoodien toujours régi par le très restrictif Code Hayes de la censure, Hitchcock va devoir affronter bien des réticences et pudibonderies pour imposer son projet. Fasciné par le personnage de Norman Bates, assassin schizophrène de Psychose inspiré à Bloch par le tueur en série Ed Gein, Hitch' va négocier âprement avec le studio Paramount pour le convaincre de distribuer ce film au sujet jugé sordide et malsain.

Durant et après le tournage, d'une durée de deux mois à cheval entre 1959 et 1960, Hichcock aura aussi fort à faire pour calmer les membres du bureau de la censure de la MPAA, particulièrement horrifés pas la scène de la douche - sa nudité comme sa violence. Psychose sortira finalement dans la forme et le montage que souhaitait le maître depuis le début, avec un climax toujours aussi traumatisant lors du meurtre de Janet Leigh sous la douche. A l'origine, Hitchcock avait d'ailleurs envisagé cette scène sans musique, mais les violons stridents de Bernard Hermann le firent heureusement changer d'avis...

 


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