Promis, cet article n'a pas été écrit par un robot

L'actualité numérique Lundi 24 mars 2014

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Promis, cet article n'a pas été écrit par un robot
Les robots, capables d'être les premiers à écrire un article sur un séisme, vont-ils remplacer à terme les journalistes ?

 

Le journaliste le plus cool du moment est un robot du Los Angeles Times. Il a signé une première historique lundi 17 mars, en écrivant le premier article web sur le tremblement de terre, juste 3 minutes après qu’il advienne.

La signature de l’article a fait énormément parler. Parce qu’en lieu et place du nom du journaliste, on avait cette mention: «Cet article a été créé par un algorithme».

Bien sûr, ce n’était pas de la grande littérature :

A shallow magnitude 4.7 earthquake was reported Monday morning five miles from Westwood, California, according to the U.S. Geological Survey. The temblor occurred at 6:25 a.m. Pacific time at a depth of 5.0 miles.

According to the USGS, the epicenter was six miles from Beverly Hills, California, seven miles from Universal City, California, seven miles from Santa Monica, California and 348 miles from Sacramento, California.

In the past ten days, there have been no earthquakes magnitude 3.0 and greater centered nearby.

This information comes from the USGS Earthquake Notification Service and this post was created by an algorithm written by the author.


 

C’est très sobre mais ce n’est finalement pas plus mal écrit qu’une dépêche AFP retravaillée, le format qu’on voit le plus sur les sites d’info. Les premières études le montrent : les lecteurs ne perçoivent pas de différence notable, entre une même news écrite par un robot et par un journaliste.

Parfait pour les nécros

Le robot sait donc à peu près écrire, mais comment a t-il les infos? Il est tout simplement relié à une base de données, en l'occurrence l’Institut d'études géologiques américain. Le créateur de l’algorithme a écrit une sorte de texte à trous, qui est rempli par la base de données, et qui s’active dès qu’un tremblement de terre a lieu.

Quelques minutes plus tard, ce sont des vrais humains qui ont repris l’article en main, complétant le reportage initial de l’algorithme par des choses qu’un robot ne sait pas encore faire, comme interviewer des experts ou des témoins.

De la même manière, on pourrait imaginer que ce soit les robots qui se chargent de faire les articles pour les morts de célébrité, sachant que les nécros sont en général écrites à l’avance par les journalistes. Il ne suffit plus qu’un robot la complète avec la date et le lieu de la mort quand l’AFP annonce la mort de la personnalité.

Les robots auront-ils des tickets resto ?

Les journalistes n'ont pas à craindre de se faire remplacer par des robots. Le but du journalisme robotisé n’est pas de les mettre au chômage, mais de leur enlever le boulot mécanique et répétitif.

Par contre, si on se projette dans le futur (et si les prédictions de Ray Kurzweil, l’ingénieur en chef de Google, se réalisent), en 2029, les ordinateurs pourraîent être en mesure de passer le test de Turing, c’est à dire qu’on ne puisse plus distinguer une intelligence artificielle d’une intelligence humaine. À ce moment-là, le 12h30 ne sera plus présenté par Thomas Rozec mais par un sympathique robot.

Reste à savoir s’il aura lui aussi des tickets resto.

Vincent Glad

 


 

Crédit photo : Flickr/licence CC by/Brett Jordan

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