Pourquoi dit-on "la dépouille" de Mandela ?

Façon de penser Lundi 16 décembre 2013

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Pourquoi dit-on "la dépouille" de Mandela?
Dimanche 15 décembre, c'était l'inhumation de Nelson Mandela après une semaine d'hommages au cours de laquelle on n'a pas arrêté de parler de "la dépouille" de "Madiba". Alors, pourquoi dit-on "la dépouille" ?

 

Que ce soit à la radio, à la télé ou dans la presse écrite, on n'a pas arrêté de parler de la "dépouille" de Mandela, les uns reprenant manifestement ce qu'ils avaient entendu dire chez les autres. Qu'est-ce qu'il y a derrière ce terme de dépouille?

D'abord, on pourrait penser qu'il y a un côté dégradant dans la notion de "dépouille", et parler du "corps" de Mandela aurait peut-être été plus neutre, pour la bonne raison qu'on peut très bien parler du "corps" humain, même pour un vivant. D'un autre côté, la "dépouille", c'est toujours mieux que "le cadavre". Donc, il y a quand même un respect dans la notion de "dépouille".

En fait, si on regarde dans le dictionnaire, le sens premier de "dépouille" ne s'applique ni aux hommes, ni aux morts: c'est d'abord la peau que laisse un animal quand il mue. Ce sont aussi les feuilles tombées des arbres. Alors, pourquoi l'utiliser pour parler de la "dépouille mortelle" d'un être humain?

C'est peut-être qu'on y voit le corps comme l'enveloppe charnelle laissée par l'âme. Et ça rappelle assez ce qu'écrit Platon dans le Phédon, à propos des relations entre l'âme et le corps.

On est mort, quand le corps, séparé de l'âme, reste seul, à part, avec lui-même, et quand l'âme, séparée du corps, reste seule, à part, avec elle-même.   


 

Explications dans la chronique façon de penser (et de dire) de Gilles Vervisch.

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