Podemos, le parti tout neuf hissé au sommet de l'Espagne

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Vendredi 14 novembre 2014

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Podemos, le parti tout neuf hissé au sommet de l'Espagne
Inconnu il y a huit mois, il ne comptait que cinq députés européens au printemps. Mais Podemos est depuis dix jours le premier parti d'Espagne dans les sondages d'opinion. Gauche radicale, enfant de l'indignation ou mouvement populiste ?

 

"Si, se puede !" Le chant était repris en choeur, le mois dernier, par 7.000 personnes réunies dans l'arène de Vistalegre, à Madrid. L'assemblée citoyenne de Podemos a pris une ampleur que ses dirigeants n'auraient jamais imaginé quelques mois plus tôt. D'ailleurs le premier parti politique d'Espagne (d'après un sondage d'El Pais) est toujours implanté dans un petit local de 24m² encastré au milieu d'un quartier populaire de la capitale.

 

 

Miguel Urban, cofondateur du parti, se place dans la lignée du mouvement des indignés de la Puerta del Sol, le"15M" comme on l'appelle en Espagne. A 34 ans, il explique vouloir "en finir avec un modèle de gouvernement basé directement sur la corruption et la vente de ce qui appartient à tous pour enrichir un petit groupe".

Ca les amène à se faire taxer de "populiste" par certains politologues, comme Fernando Vallespin, prof de sciences-po à l'Université Autonome de Madrid :

Ils sont avec les gens, ils ont critiqué l'establishment, monopolisé totalement par les deux grands partis, le PS et le PP. C'est ce que les gens ont perçu après la crise en Espagne. Eux le disent, en simplifiant beaucoup leur discours.


 

Jorge Lago, l'un des porte-parole de Podemos, invité de Frédéric Bonnaud © Mediapart, 2014

 

Pablo Iglesias, le porte-parole très médiatique de cette formation, sera probablement élu ce jeudi 13 novembre à la tête de Podemos. Car depuis la rentrée, le parti s'organise, s'institutionnalise. Un comble pour un parti qui critique le système ? Pas tant que ça d'après José, militant de 59 ans : "Si jamais on se bloque sur la question de la construction de notre organisation, les gens risquent de se sentir trahis. Nous avons créé des attentes, nous devons être capables d'y répondre."

Après cette désignation des leaders, Podemos se présentera dans six mois aux élections régionales. Ce sera alors le premier vrai test pour en vérifier la popularité.

 

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Photo de couverture : Cc FlickR Podémos Uvieu

Reportage : Mathieu de Taillac                 Edition : Augustin Arrivé

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