Pixaçao, le street art made in Sao Paulo

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Vendredi 11 avril 2014

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Pixaçao, le street art made in Sao Paulo
Dans deux mois, Sao Paulo accueillera le match d'ouverture de la Coupe du Monde de foot. Ville la plus peuplée d'Amérique latine, la capitale économique du Brésil est aussi un haut lieu du street art. L'école Pixaçao, redonne un peu de couleurs à la très grise mégapole brésilienne.

Rebaptisée "Beco de Batman" ("l'allée de Batman" en portugais), la rue principale du quartier de Villa Madaléna est entièrement recouverte de graffs, sur les maisons, les portails, les poteaux électriques et même les trottoirs.

Beco de Batman / cc Flickr par Gijlmar
  

Il y a les tags un peu sauvages et ceux considérés comme de l'art urbain, que les riverains commandent aux graffeurs pour décorer leurs murs. Ici l'école Pixaçao est partout. Né dans les années 60, son style est reconnaissable à son lettrage vertical, plus facile à réaliser quand le graffeur est perché sur les épaules d'un copain.

Pixaçao's style © Guillaume Battin
  
Le gérant du magasin qui alimente les graffeurs du quartier précise :
  
Villa Madaléna est devenue la référence du graff et du street art [...] Dans une ville un peu grise comme Sao Paulo, chaque intervention de couleur donne un envie aux gens de faire attention à leur environnement.

Villa Madaléna © Guillaume Battin

La réputation de Pixaçao dépasse largement les frontières brésiliennes. Certains de ses représentants sont prisés sur le marché de l'art, à l'image d'Alexandre, l'un des héritiers les plus respectés de l'école de Sao Paulo. Il a exposé à la fondation Cartier de Paris, mais aussi au Qatar et à New York.
 
 
L'une des peintures d'Alexandre

 
 
 
J'ai commencé à peindre ici en 1993. A l'époque, le pochoir était à la mode [...] Le Beco c'est une ruelle étroite. En fait la génération précédente qui a investit le lieu lisait beaucoup de comics Marvel. C'est de là qu'est venu le nom de Beco de Batman.

 
 
 
 
 
 
 

Objet de fierté pour les habitants du quartier, le Pixaçao est pourtant menacé par la loi. Depuis 2007, le street art est considéré comme une pollution visuelle. Les graffeurs brésiliens pris en flagrant délit risquent une peine de trois mois à un an de prison.

Reportage de Guillaume Battin, envoyé spécial du Mouv' au Brésil. Mise en page : Sébastien Sabiron.



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Plongée dans le Beco de Batman © Guillaume Battin

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