Pimp my Ouganda

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mardi 09 septembre 2014

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Pimp my Ouganda
En Ouganda, presque plus personne ne consomme de produits ougandais. Les marques locales ont mauvaise réputation, souvent réduites à de simples imitations. Mais des designers venus de Norvège se sont lancés le défi de remettre en marche l'industrie du pays.

 

Ils s'appellent Design sans Frontières (Design without Borders, en V.O.). Ils sont Norvégiens, mais en ce moment, ils oeuvrent bien loin de leur Scandinavie natale. Erik, Elmar et leurs camarades ont fait leur bagages direction Kampala, la capitale de l'Ouganda. Là-bas, ces designers fraîchement diplômés espèrent être utiles en offrant leur savoir-faire à une industrie délaissée.

Nous voulons changer l'image des produits conçus en Ouganda. Si le design vient d'ici, si la production est ici, les gens seront plus respectueux. On va créer de la richesse ici qui va rester ici.


 

Le problème des marques ougandaises est qu'elles se contentent souvent d'imiter la concurrence étrangère. Des ersatz de mauvaise qualité qui ne séduit plus grand monde, la clientèle préférant se fournir en produits chinois, indiens ou kényans. "Nous n'avons pas de secteur Recherche et Développement ici", reconnaît Singa Mprire, chef d'entreprise de la capitale. "On fait seulement du copier-coller, ce qui fait échouer nos industries."

 

Thomas et Erik en plein brainstorming dans leurs bureaux de Kampala © Aimie Eliot

 

Sa société fabrique des balances. Et justement, en se promenant sur les marchés de Kampala, le norvégien Erik a remarqué un souci concret : "les exposants transportent leurs balances sur des motos ou des vélos. On s'est dit qu'on pourrait soit installer des sangles, soit faire en sorte que la balance soit plus facile à attacher". Singa Mprire se laissera convaincre. Chacun y trouve son compte.

 

Projet de balance relookée par Design without Borders en Ouganda © Aimie Eliot

 

Pour imaginer sans cesse des idées nouvelles, l'équipe de Design sans Frontières est remplacée tous les deux ans. Thomas vient d'intégrer la bande. Il a trouvé ici ce que son continent ne pouvait pas lui offrir : "En Europe les gens achètent des produits dont ils n'ont pas vraiment besoin. ici, j'ai la possibilité de concevoir des choses réellement nécessaires."

De jeunes ingénieurs locaux rejoignent régulièrement cette équipe. Ils sont ensuite formés, un soutien essentiel dans un pays où la discipline du design reste ignorée par les universités.

 

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Reportage et photos : Aimie Eliot                            Mise en page : Augustin Arrivé

 

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