Photoreporter en galère

le Reportage de la Rédaction Vendredi 06 septembre 2013

Réécoute
Dernières diffusions
Reportage Rédaction
On les croise à Perpignan, au 25e festival de photojournalisme, Visa pour l’image. Une nouvelle génération de photoreporters de guerre, qui n’a pas connu l’âge d’or du métier. Des travailleurs précaires qui financent eux-mêmes leur mission.

 

Gaële Joly a pris en photo quelques photographes. Elle leur a surtout tendu son micro. Son reportage est à écouter en cliquant ci-dessus.

 

Depuis trois mois, jour pour jour, Edouard Ellias, 22 ans, est retenu en otage en Syrie, avec le grand reporter d’Europe 1, Didier François. Edouard Ellias, tout le monde le connaît ici, à Perpignan. Stephen Dock est déjà partie en Syrie avec lui. Autre figure de cette nouvelle génération, il a voulu qu’on se retrouve ici, dans l'Eglise des Dominicains, en plein coeur de Perpignan, devant les clichés du maître britannique Don Mc Cullin.

 Mais le jeune Stephen Dock n’a pas à rougir : du haut de ses 24 ans, il a foulé Gaza, le Mali, la Syrie, et récemment l’Egypte. On a vu ses photos dans Le Monde, Newsweek ou le Daily Telegraph. On les voit aussi ici, projetées à Perpignan. Une belle reconnaissance, mais à l’entendre, photoreporter de guerre, ça rime aussi avec galère.

 

 Y’en a eu beaucoup, des missions où j’ai galéré. Je peux parler du Caire, j’ai rien vendu et j’ai tout perdu. Avec le billet d’avion, l’hôtel, la bouffe, le fixeur, on peut compter entre 800 et 1.000€ de perte.


 

Stephen Dock devant les clichés du maître britannique Don Mc Cullin © Gaële Joly, Le Mouv'

 

La galère, Emilien Urbano connaît, lui aussi. Ce photoreporter de 27 ans, on le retrouve à la sortie d’une conférence, animée entre autres par Don Mc Cullin/ Le thème : comment photographier la guerre ? Emilien revient de Syrie, un pays qui permet aux précaires de l’actu de se faire connaître, depuis que la zone est désertée par les reporters chevronnés.

 

Oui ça peut être le moyen de se faire remarquer. Mais les frais d’équipement, le gilet par balle, le casque et l’assurance, c’est à toi de te les payer.


 

Emilien Urbano, devant le Palais des Congrès de Perpignan © Gaële Joly, Le Mouv'

 

Un véritable choix de vie, salué par le directeur du festival Visa pour l’image, Jean François Leroy, qui met aussi en garde cette nouvelle génération.

 

On me dit « j’étais en Syrie », mais c’est pas une info. Mon conseil à la nouvelle génération, c’est d’être journaliste. « J’étais en Syrie », c’est un peu une posture, il ne faut pas que ça devienne de l’imposture.


 

Visa pour l'image, ça dure jusqu'au 15 septembre. Hurry up !

 

Commentaires