L'Etat Islamique pour les nuls

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Lundi 15 septembre 2014

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L'Etat Islamique pour les nuls
Un troisième otage a été décapité ce week-end par les jihadistes irakiens. L'auto-décrété "Etat Islamique" menace la coalition internationale. Mais qui sont ces barbares qui sifflent sur nos têtes ? Nous vous avons posé la question.

On ne devrait dire ni "Etat", parce qu'il n'est reconnu par aucun pays, ni "islamique", car même si ces terroristes se revendiquent de l'Islam, leur action ne repose sur aucun des principes fondamentaux du Coran. Un constat dont sont conscients les personnes interrogées pour Le Mouv' par Cécile de Kervasdoué :

C'est toujours énervant de voir une poignée d'illuminés pourrir la vie des gens au nom d'un dieu alors qu'ils ne savent même pas ce qui est écrit dans les textes.


 

La France accueillait lundi 15 septembre une conférence internationale sur la sécurité en Irak. L'heure est grave, et la tension plus que jamais palpable, après la décapitation d'un troisième otage occidentale, filmée et diffusée samedi sur Internet par le groupe terroriste. "Même si tu n'es pas interessé par ces vidéos, c'est tellement exagéré que tu ne peux pas t'empêcher d'être captivé", reconnait une passante.

 

La barbarie de la mise en scène des vidéos terroristes, analysée par BFM-TV

 

Cette mise en scène est diablement efficace : "ils ont besoin de faire peur, d'instiller un climat de terreur." Ces 30.000 jihadistes (selon les statistiques des renseignements américains) agissant principalement en Irak sont constitués pour moitié d'étrangers, dont 930 Français. Situation embarrassante pour le Quai d'Orsay, qui avait tenté de maintenir secrète la présence de Mehdi Nemmouche auprès de Nicolas Hénin et d'autres journalistes otages en Syrie.

Leur financement vient principalement du trafic de pétrole (entre un et trois millions de dollars encaissés chaque jour). Et leur objectif, encore souvent flou dans l'esprit des Français ("une sorte d'Al Qaïda bis", nous répond-on du bout des lèvres), est de détruire à peu près toutes les forces en présence dans la région : Al Qaïda, rebelles syriens, armée de Bachar el-Assad, Chrétiens, Kurdes, Yazidis, chiites, tout ce qui ne correspond pas à l'idée que leur chef se fait d'un bon musulman sunnite, et recréer un grand Etat musulman qui aurait existé au début du Moyen-Age.

 

Portrait d'Abou Bakr Al-Baghdadi en juillet dernier © France 24

 

Ce leader s'est rebaptisé Abou-Bakr Al Baghdadi. Ancien étudiant timide métamorphosé en fondamentaliste autoritaire après un passage de six mois par Guantanamo en 2005. Il se considère désormais comme le successeur de Mahomet. "C'est n'importe quoi !", s'indigne un passant, à qui l'on rapporte cette information. Pas faux. Ce groupe contrôle aujourd'hui 40% de l'Irak, 25% de la Syrie.

"Je ne pense pas que ça aboutira à une guerre mondiale", espère, confiant, l'un de nos sondés. "On pourra arrêter cette guerre rapidement." La communauté internationale, en tout cas, s'y emploie.

 

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Reportage : Cécile de Kervasdoué                   Mise en page : Augustin Arrivé

Photo de couverture : capture d'écran YouTube sujet d'Anna Moreau pour France 24

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