Parlons peu, parlons slop

Rien à voir Lundi 27 janvier 2014

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Parlons peu, parlons slop
Le salon de la lingerie vient de se terminer. L'occasion de revenir sur les tendances 2014, 2015.

 

Rien à voir. Enfin, si un peu quand même. Parce que souvenez-vous, la semaine dernière, je vous avais parlé du salon du mariage, de son site internet, source inépuisable de ricanements pour les hyènes que nous sommes.

Et bien, il faut croire qu’ils sont pas rancuniers Porte de Versailles, parce que figurez-vous que suite à ça, j’ai reçu une invitation gratuite pour accéder au jumeau maléfique du salon du mariage, j’ai nommé « le salon de la lingerie ».

Ca a commencé samedi et ça s’est fini hier soir. Mais rassurez-vous, je n’ai pas répondu à cette invitation : j’ai une déontologie moi, j’ai l’éthique du journaliste chevillée au corps. Et puis j’ai surtout la partie 125 de Candy Crush à finir.

Mais je me suis quand même intéressée à ce salon depuis mon canapé. 

Notamment, parce que le dossier de presse annonçait une petite révolution en matière de sous-vêtements féminins.

Alors, sachez que la lingerie porno-chic, c’est fini, c’est so 2013. Place désormais aux sous-vêtements SM-chic. C’est paraît-il la tendance 2014-2015 que vous allez retrouver dans les rayons.

Et alors non ! Détrompez-vous. Porno chic et SM chic, c’est pas du tout pareil.

Pour résumer grossièrement, le porno chic, ça consiste plus ou moins à s’habiller en pute, mais avec classe et élégance. Une pute un peu bourgeoise, quoi, à mi-chemin entre Felindra tête de Tigre de Fort Boyard et Valérie Pécresse.

Tandis que le SM chic, ça consiste aussi à s’habiller en pute, toujours avec classe, mais avec un harnais pour bichon maltais autour du cou.

Alors, pourquoi le SM chic remplace-t-il le porno chic ?

La commissaire générale du salon a donné une petite explication au journal Libération :

Parce que désormais les achats les plus fréquents vont vers les masques et les menottes plébiscités par des clients au profil CSP+ tous âges confondus.


 

Et là, normalement, grâce à cette petite précision socio-démographique, vous êtes tous en train d’imaginer votre maman avec la boule rouge de Pulp Fiction insérée dans la bouche. 

 

D’ailleurs, le quotidien voit  dans cette nouvelle mode, l’une des multiples conséquences du succès de librairie 50 shades of Grey.

Depuis l’avènement du « porno pour mamans », la ménagère de moins de 50 ans continue à être la cible des vendeurs de lessive, mais elle ne cracherait pas à l’occasion sur une petite fessée cul nul, la cochonne.

Et pour parer de cuir et de latex ces séances hebdomadaires de SM soft, et ben de nouvelles marques de lingerie ont vu le jour. Elles s’appellent Maison Close, Bordelle, Lascivious, ou encore, accrochez-vous : Cadolle. Et toute ressemblance avec le petit nom donné aux habitantes de la région PACA serait évidemment fortuite.

Ces marques proposent donc des trikinis en latex, des porte-jarretelles, des menottes en fourrure, ou encore, nous apprend Libération, de la peinture corporelle aromatisée au yaourt.

Parce que oui, se couvrir de produits laitiers qui facilitent le transit, c’est sexy, c’est glam, c’est sexy-glam, c’est 2014.

Alors, je vois bien qu’une question vous brûle les lèvres, quid des hommes ?

Et ben les hommes aussi ont droit à leur tendance 2014-2015. Mais étrangement, il n’est pas question pour eux de coller leur pénis dans un corset. Non, pour les hommes, c’est le grand retour du caleçon flottant, avec slip intégré pour le confort.

Et oui, c’est triste, mais les inégalités hommes femmes vont se nicher jusque dans le slop. Les femmes sont censées parader en bustier en cuir avec du yaourt au bidifus étalé sur les parties génitales, pendant que les hommes, restent pépouzes dans un caleçon flottant.

Moi, je dis, c’est quand même une belle enculade, enfin, une jolie et sexy pénétration anale glam. Parce que c’est comme ça qu’on dit maintenant.

 

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