Paris, ville lumière

Rien à voir Lundi 29 septembre 2014

Réécoute
Paris, ville lumière
Un ouvrage intitulé "How to be a Parisian Wherever you are" entend expliquer comment être une bonne parisienne en toutes occasions. En toute simplicité.

 

Je précise tout de suite que mon intention n'est pas de faire ici du parisianisme primaire. Simplement, il se trouve que l'actualité liée à la capitale est particulièrement chaude cette semaine. La preuve avec une première information que j'ai choisi de ne pas évoquer in extenso.

Valoche à Barbès

Ce matin, et même si tant de blagues sont possibles, je ne développerai pas les conséquences de la visite de Valérie Trierweiler dans le quartier de Barbès à Paris. L'ex-première dame et néanmoins journaliste a effectué ce week-end une petite balade improvisée dans ce coin du 18ème arrondissement.

Assez naturellement, et dans la mesure où on l'a quand même vue en slop de bain en couverture de Voici, des gens l'ont reconnue et abordée pour faire des selfies. Un brin effrayée par tout ce tumulte, Valérie Trierweiler s'est réfugiée dans une boutique et aurait même été secourue par la police. Passée la panique et histoire quand même de ne pas trop passer pour une petite chose fragile, quelques heures plus tard, elle s'est fendue d'un tweet qui disait cela :

 

 

Je sens bien que Valérie Trierweiler a été frustrée par la limite des 140 signes imposée par Twitter. Si elle avait eu plus de place, elle aurait probablement pu écrire :

Oui, en venant à Château Rouge, je pensais être prise entre deux "go-fast" orchestrés par des islamistes maliens, mais en fait non, Barbès, c'est tellement accueillant et bigarré, d'ailleurs les femmes chantent Asimbonanga en préparant des mafés à même la terre battue et en dansant parfaitement sur1er Gaou, et ce malgré leur récente excision.


 

Éradiquer toutes les boutiques Naturalia de Paris

Ce matin, je ne parlerai pas non du formidable programme initié par la mairie de Paris. Cette année pour la première fois, Anne Hidalgo inaugure son premier budget participatif, c'est à dire que les Parisiens vont pouvoir choisir, sur Internet, ce pour quoi 20 millions d'euros du budget de la ville vont être alloués. Ca se passe sur le site budgetparticipatif.paris.fr.

Et j'avoue que mon enthousiasme a été de courte durée. Les projets sont déjà définis, ils sont au nombre de quinze, et on peut choisir, au choix, de financer l'installation de tipis sur les bords de Seine, la création de centres de tri de déchets itinérants ou encore la mise en place de murs végétaux. Et pleins d'autres trucs de putain de hippies intolérants au gluten. Personnellement, j'aurais accordé tout mon soutien au projet visant à éradiquer toutes les boutiques Naturalia de Paris.

Et je sens bien que les provinciaux sont déjà en train de se dire que vraiment Paris est décidemment une ville lumière. C'est en tout cas l'idée qu'essaye de nous vendre un ouvrage récemment publié. Ca s'appelle How to be a Parisian Wherever you are. C'est un guide, publié uniquement en anglais et qui a été écrit à quatre mains par quatre parisiennes.

Le but de ce guide qui cartonne aux States est d'expliquer aux étrangères comment copier le style inimitable des Parisiennes. Et vous l'aurez compris à ce stade, le tristement célèbre best-seller La femme parfaite est une connasse, à côté de ce bouquin, c'est la retranscription des accords de Yalta.

Etre "fuckable" à la boulangerie

Voici par exemple la manière dont les quatre auteurs visualisent la parisienne d'aujourd'hui.

Pour les quatre filles, la Parisienne se doit d'être "fuckable" à chaque instant de la journée. Comprendre, il faut être bonne,

Quand vous faites la queue devant la boulangerie le dimanche matin, quand vous achetez du champagne au milieu de la nuit, ou quand vous allez chercher les enfants à l'école. On ne sait jamais.


 

C'est vrai, on sait jamais. Des fois que l'épicier ou le prof de maths voudrait te prendre en levrette au débotté, ce serait quand même con d'être en survêt' pile à ce moment là. Quand au champagne acheté au milieu de la nuit, personnellement, la dernière fois que j'ai fait ça, c'était en 1998, mon banquier m'a supprimé ma CB et m'a collé une carte Electron pendant deux ans.

Autre conseil distillé par les quatre auteurs: la parisienne se doit d'être un sac à vin, elle doit picoler, se la coller tout le temps. Mais attention, elle ne doit JAMAIS, JAMAIS ouvrir elle-même une bouteille de vin et toujours déléguer la tâcher à un homme. Il parait que ca fait classe et distingué. Oui, tu as les lèvres violettes et du tanin plein les dents mais c'est pas toi qui a ouvert la bouteille, alors ça va.

Et enfin, un autre conseil pour être une vraie parisienne :

La parisienne n'essaye jamais d'être quelqu'un qu'elle n'est pas. En vrai, plus que de vouloir paraître jeunes, elles veulent surtout devenir la meilleure version possible d'elles-mêmes, à l'extérieur comme à l'intérieur, à tout âge


 

J'ai rien compris.

Alors, bon, une chose en amenant une autre, j'ai bien réfléchi, et je crois que finalement, sur les 20 000 euros du budget participatif de la ville, on peut bien lâcher 6 euros 80, soit le prix de quatre ticket de métro pour envoyer le quatre meufs à Chateau Rouge.

On verra bien si elles sont "parisiennes wherever you are".

 


 

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