Pakistan: quand la jeunesse se mobilise pour YouTube

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mardi 04 novembre 2014

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Pakistan: quand la jeunesse se mobilise pour YouTube
Depuis deux ans, le pays est privé de YouTube. Le gouvernement avait décidé de bloquer l'accès à la plateforme de vidéos en ligne, en septembre 2012. Mais certains jeunes pakistanais ont décidé de se mobiliser pour demander la fin de la censure.

Septembre 2012: Le monde musulman s'enflamme après la diffusion d'un film jugé anti-Islam et blasphématoire. L'Innocence des musulmans, petite production américaine (pour ne pas dire un gros navet) a provoqué la colère de plusieurs pays.

Il a été censuré dans plusieurs pays, y compris au Pakistan. Sauf que là-bas, au lieu de bloquer une seule vidéo, le gouvernement a décidé de bloquer toute la plateforme de vidéos en ligne, YouTube.

Depuis, aucune information sur une éventuelle levée du blocage. Du coup, un pays de près de 190 millions d'habitants se retrouve privé de la plus grande source de vidéos, à commencer par les jeunes. Certains d'entre eux ont décidé de se mobiliser, notamment avec des campagnes Free Hugs et des vidéos postées...sur YouTube!

 

 

Pour Shahzad Ahmad, le directeur de l'ONG Bytes For All, qui défend la liberté d'informer et d'expression sur la toile, le gouvernement pakistanais veut "museler" ses opposants.

Sans YouTube, les entreprises, les militants, les jeunes artistes ne peuvent plus se faire connaître. C'est l'avenir du pays qui est en jeu.


 

Salman, 25 ans, tient un blog littéraire. Comme beaucoup d'autres jeunes pakistanais, il apprend via des cours en ligne, filmés et postés sur le net. Mais sans YouTube, il ne pouvait plus suivre les cours proposés par les universités de Yale ou de Harvard. Alors avec ses amis, il utilise des proxy pour accéder à YouTube, via des ordinateurs basés à l'étranger.

 

 
Salman (à gauche) et ses amis militent pour le libre accès à YouTube , par Hajera Mohammad

 

Les artistes aussi sont en colère. Certains chanteurs demandent au gouvernement la fin de la censure. L'un des plus engagés, c'est le rappeur Ali Gul Pir.

 

 

Reportage et mise en page: Hajera Mohammad

Photos de couverture: Rego-d4u.hu  et The Logo Smith FlickR



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