Oslo, terre promise des Suédois

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mercredi 17 septembre 2014

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Oslo, terre promise des Suédois
Avec une jeunesse particulièrement touchée par le chômage, la situation économique de la Suède n'est plus aussi resplendissante qu'elle le fut, d'où la percée de l'extrême-droite aux récentes législatives. Beaucoup de Suédois fuient désormais en Norvège.

 

C'est aujourd'hui en Norvège qu'il semble bon vivre. La Suède, souvent montrée en exemple au sein de l'Europe, n'est plus ce paradis que l'on pouvait imaginer. 8% de chômage, et jusqu'à quatre fois plus chez les moins de 24 ans, des loyers très élevés et des salaires bien moins importants que dans le voisinage. Stockholm ne séduit plus, et 100.000 Suédois ont donc fait le choix de passer la frontière, direction la Norvège.

 

Portée par le chômage, l'extrême-droite suédoise a percé aux législatives du 14 septembre © AFP

 

Ils sont serveurs, vendeurs, infirmiers, ingénieurs. Ils trouvent des conditions de travail agréables (payés 50% plus cher que chez eux, pour une présence souvent moins longue au boulot). Anna est salariée depuis six ans dans une boutique de vêtements à Oslo. Elle ressent, en plus, un excellent accueil de la part des entreprises :

Nous, les Suédois, sommes connus pour être travailleurs, compétents, et nous avons le sens du service. Les jeunes Norvégiens n'ont pas vraiment cette tradition.


 

Surtout, la Norvège, avec ses ressources pétrolières, est beaucoup plus riche. Elle ne connaît pas la crise, et manque même de main d'oeuvre, ce qui explique les facilités d'intégration des nouveaux venus. Matthias, barman depuis six mois, raconte avoir trouvé son job en deux jours : "Le pire, c'est qu'ici, ça parait normal ! J'ai parlé à des gens, et j'étais embauché."

 

Aker Brygge, quartier branché d'Oslo, où Matthias a trouvé un job en deux jours /Cc FlickR H. Relchert


Des agences de placement travaillent spécifiquement à mettre en relation des entreprises norvégiennes et les immigrés suédois. Thomas Paul dirige l'une d'entre elles, et il est dithyrambique : "Le Suédois qui vient ici a un meilleur salaire et plus de possibilité de carrière. Ici, les jeunes talents prennent du galon bien plus facilement."

Le comble, c'est que même la Suède encourage cet exil, bien contente de se débarrasser, au moins temporairement, de quelques demandeurs d'emplois. Une commune suédoise a même récemment subventionné ses jeunes chômeurs pour qu'ils traversent la frontière.

 

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Photo de couverture : Cc FlickR Bernt Rostad

Reportage : Grégory Tervel Mise en page : Augustin Arrivé

 

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