Oscars 2014 : "Gravity" au firmament

La Pop au carré Lundi 03 mars 2014

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Oscars 2014 : "Gravity" au firmament
Si "12 Years a Slave" a décroché l'Oscar du meilleur film, c'est un autre long-métrage qui arrive largement en tête du palmarès 2014. "Gravity" d'Alfonso Cuaron, repart avec sept statuettes. Deux français ont également été primés.

 

Une comédie avait créé la surprise à l'annonce des nominations. American Bluff se retrouvait en tête, nommé dans dix catégories. Ce matin, l'équipe menée par David O'Russell va se réveiller avec une sacrée gueule de bois. Le film repart bredouille. C'est l'autre favori qui se démarque. Gravity, d'Alfonso Cuaron, a reçu la quasi-totalité des Oscars techniques. Résultat : sept statuettes, dont celle du meilleur réalisateur. Le cinéaste mexicain, qui a consacré quatre années de sa vie à cette aventure spatiale, en ressort métamorphosé :

Je veux remercier "Gravity" parce que pour ceux qui se sont comme moi impliqués dans ce film, ça nous a transformé. Ce qui fait chier c'est que pour la plupart cette transformation a été un supplément de sagesse, alors que moi ça a surtout transformé la couleur de mes cheveux.


 

 

Sept Oscars pour Gravity, mais le Graal, l'Oscar du meilleur film, est revenu à Steve McQueen pour son 12 Years a Slave. Le long-métrage sur l'esclavage aux États-Unis a reçu également les trophées de la meilleure adaptation et du meilleur second rôle féminin. Ce dernier est un petit événement puisque la lauréate, Lupita Nyong'O est seulement la deuxième comédienne africaine à être récompensée par l'Académie (après Charlize Theron). A 31ans, la Kényane a remercié les votants pour avoir fait la preuve que tous les destins sont possibles, quel que soit son origine.

 

 

Côté Français, au jeu de David contre Goliath, c'est Goliath qui a gagné, et par deux fois. La reine des neiges, des studios Disney, a écrasé Ernest et Célestine comme film d'animation, 12 Years a Slave a réduit Julie Delpy au silence dans la catégorie adaptation et Steven Price (Gravity) a éjecté la musique originale Alexandre Desplat. Un duo mosellan repart pourtant de Los Angeles avec une statuette : Laurent Witz et Alexandre Espigares, récompensés pour leur court-métrage d'animation, Mr Hublot.

 

 

Sur la scène du Dolby Theatre, ils ont remercié la Région Lorraine. Voilà qui est chic ! Et tant pis pour les mains tremblantes et l'accent typiquement frenchy. C'était "so lovely".

 

 

Leonardo DiCaprio s'est encore fait avoir. Pour la quatrième fois, l'Oscar du meilleur acteur lui passe sous le nez. C'est l'épatant Matthew McConaughey qui le lui a chipé, grâce à son rôle de séropositif dans Dallas Buyers Club. Au micro, il s'est alors lancé dans un discours d'une rare religiosité :

Je veux remercier Dieu car je l'admire, il a veillé sur mon existence en m'offrant des possibilités qu'aucune main humaine n'aurait pu m'apporter, et il m'a montré (c'est un fait scientifique) que la gratitude est réciproque. Je veux citer Charles Laughton [réalisateur de La nuit du chasseur] qui disait: "si tu connais Dieu, c'est que tu as un ami et cet ami, c'est toi."


 

 

On préfèrera peut-être, dans un autre style, le speech très politique de son camarade de jeu, Jared Leto :

A tous les rêveurs qui nous regardent depuis l'Ukraine ou le Venezuela, pendant que vous vous battez pour faire de vos rêves une réalité, pour rendre possible l'impossible, on pense à vous. Cet Oscar je le dédie également aux 36 millions de personnes qui ont perdu la bataille du sida, et à tous ceux qui ont vécu l'injustice à propos de ce qu'ils sont ou de ceux qu'ils aiment.


 

 

Best speech ever ! Et ça faisait du bien au milieu d'une cérémonie très convenue, sans grand coup d'éclat, si ce n'est l'attaque frontale de Cate Blanchett contre les gros producteurs hollywoodiens. Au moment de recevoir son Oscar de la meilleure actrice (pour Blue Jasmine, de Woody Allen), elle les a accusé de "considérer bêtement que les films ayant une femme comme personnage principal ne seraient réservés qu'à un public très restreint". "C'est faux", a-t-elle ajouté. "Ces films rapportent de l'argent."

 

 

Ellen DeGeneres, la maîtresse de cérémonie, a fait tout son possible pour égayer ces quatre heures de programme, mais ça n'était pas tellement concluant. Un selfie twitté en direct par ses soins a tout de même réussi la performance d'être partagé plus de 2,3 millions de fois (le triple du précédent record, qui était détenu par Barack Obama).

 

 

Retrouvez la liste des nommés en cliquant ici.

Et les César, ça a donné quoi ? Réponse par là.


Photo de couverture : capture d'écran de la cérémonie des Oscars / twitter @TheEllenShow

Compte-rendu de la soirée et mise en page : Augustin Arrivé


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