Ordi, you can drive my car

L'actualité numérique Lundi 17 février 2014

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Ordi, you can drive my car
Bardées de capteurs et de circuits imprimés, nos voitures n'ont jamais été aussi complexes, autonomes, et faciles à pirater. Le futur, c'était mieux avant ?

 

C'est d'abord un carambolage, celui de deux informations. Le premier, révélé par l'organisation Statewatch, c'est que les polices européennes planchent en secret sur un texte qui obligerait les constructeurs automobiles à installer des dispositifs de série permettant d'immobiliser les véhicules à distance. D'un simple clic sur une télécommande, à la manière d'un TV-B-Gone. Finies les courses poursuites nocturnes sur l'autoroute A86, bonjour le Taser pour voiture.

Terrorisme et K2000

La seconde actualité est à mettre au crédit de deux experts espagnols en sécurité informatique : ils ont conçu un kit à 15 euros, capable de pirater n'importe quelle caisse (peut-être pas la Peugeot 104 de votre grand-mère, soit) pour en prendre le contrôle. Ils présenteront leur gadget au salon Black Hat Asia, le mois prochain à Singapour, dans un contexte légèrement anxiogène ou certains imaginent déjà Al-Qaïda lancer des botnets (ces réseaux de machines utilisés pour des usages malveillants) à quatre roues motrices sur les Etats-Unis.

Pendant les fêtes, vous avez peut-être entendu parler de ce hack de réfrigérateurs et de téléviseurs. Pourtant, on aurait tort de considérer la voiture comme un énième objet connecté : c'est un ordinateur, ou plutôt, plusieurs dizaines d'ordinateurs mis en réseau. Dans les années 80, cette perspective nourrissait un imaginaire collectif fait de voix synthétiques et de phares escamotables :

 

Aussi compliquées qu'un Airbus A380

Depuis, si on est revenus de la science-fiction (et de David Hasselhoff), c'est pour aller encore plus loin. D’après le prestigieux I-Triple-E, l’Institut des Ingénieurs en Electrique et Electronique, certaines voitures nécessitent aujourd’hui 200 à 300 millions de lignes de code, contre 50 000 dans les années 80. A titre de comparaison, un avion de chasse en utilise moins de cinq millions. Le modèle haut de gamme d’un célèbre constructeur allemand possède autant d’unités de contrôle électronique qu’un Airbus A380. Dans ces conditions, plus besoin de rêver de voitures volantes.

En résumé, nos berlines familiales et nos cabriolets clinquants n'ont jamais été si complexes. Et pourtant, elles n'ont jamais été aussi autonomes. Plus elles ressemblent à des délires de polytechniciens sous acide, plus elles se révèlent être de gros jouets high-tech bardés de fils multicolores. Entre les GPS, les régulateurs et limitateurs de vitesse, les airbags intelligents et les centaines de capteurs et autres microprocesseurs pour ajuster la température ou la hauteur de votre siège, vous n’avez plus qu’à vous laisser conduire.

Et si c’est encore trop compliqué, vous pouvez monter dans la Google Car, le projet de voiture sans pilote développé par l’entreprise du même nom.

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Photo Flickr CC-BY-ND 2.0 Bill Gracey

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