Numérique et politique, l'impossible union ?

L'actualité numérique Lundi 16 septembre 2013

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Numérique et politique, l'impossible union ?
Que ce soit du côté des gouvernants qui renâclent à considérer les nouvelles technologies, ou du côté des nouveaux partis qui tentent sans y parvenir de transformer les valeurs du Net en enjeu de société, numérique et politique ne se mélangent pas. Alors qu'ils auraient toutes les raisons de le faire.

 

Décidément, ça ne colle pas. Alors même qu'Internet a envahi notre quotidien en s'immiscant dans nos poches et nos salons, numérique et politique ne font toujours pas bon ménage.

C'est vrai du côté des gouvernants, qui ont en France souvent tendance à ne considérer les nouvelles technologies que comme un faire-valoir chic et futuriste. François Hollande et, avant lui, Nicolas Sarkozy, ont beau essayer de nous faire croire à intervalles (rares) mais réguliers qu'ils adorent tous ces bidules connectés, on sent bien qu'ils ne sont pas extrêmement à l'aise en la matière :

C'est malheureusement aussi vrai de l'autre côté, avec ces nouvelles formations qui tentent de faire valoir les valeurs d'Internet -le partage, l'éclatement des centres décisionnels, la transparence et la diffusion horizontale de l'information- sur la scène politique traditionnelle, sans toutefois y parvenir.

Ainsi le Parti Pirate, pourtant l'un des mouvements les plus organisés en matière de promotion du numérique, rame encore pour s'imposer dans le paysage politique.

Et il est loin d'être les seul : il y a une semaine, c'est Julian Assange, le charismatique et très médiatique leader de WikiLeaks, organisation à l'origine de la fuite de millions de documents secrets, qui s'est pris une décullotée électorale en Australie, où il s'était présenté avec son parti spécialement constitué pour l'occasion -le WikiLeaks Party, évidemment.

Un fiasco qui serait notamment lié à un fonctionnement interne aux antipodes des idéaux démocratiques pourtant prônés par WikiLeaks, si l'on en croit le témoignage de l'un des transfuges du parti.

Faut-il en conclure qu'il est impossible d'injecter les idées aux fondements même du Net et de notre société connectée dans les rouages classiques de la politique ? Et qu'une telle manoeuvre se soldera nécessairement par un échec ?

Une chose est sûre, les signaux ne sont pas vraiment au vert, comme l'explique sur Slate Alexis Vrignon. Ce chercheur en histoire spécialiste des mouvements écolo compare la difficile émergence des mouvements Verts dans les années 1970 aux difficultés que rencontrent aujourd'hui les partis du numérique. Peu considérés, jugés trop sectoriels et bloqués par une scène politique verrouillée, les deux formations ont bien du mal à s'imposer.

Ce qui n'empêche pas néanmoins leurs idées de se diffuser dans la société ...

A lire pour en savoir plus : "L'impossible parti du numérique", Slate

SONS :

- Rencontre à l'Elysée entre Nao le petit robot et François Hollande, déjà un classique.

Andréa Fradin

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