Nouvelle théorie sur l'avion disparu

L'actualité numérique Lundi 17 mars 2014

Réécoute
Dix jours après la mystérieuse disparition du Boeing de Malaysia Airlines, nous avons essayé d'aller au-delà des théories du complot. Et si c'était un gros bug mental ? Ou un simple piratage ?

 

J'ai passé le week-end reclus chez moi, à punaiser des épingles sur une mappemonde et à trianguler des positions imaginaires en scrutant mon plafond. Comme tout le monde, je brûle de savoir ce qui est arrivé au vol MH370 de Malaysia Airlines, disparu il y a près de dix jours entre Kuala Lumpur et Pékin.

Il faut dire que le mystère n'a cessé de s'épaissir, plus dense que le pot au noir. Entre les téléphones portables qui continuent à sonner, la zone de recherche qui s'agrandit un peu plus chaque jour et les autorités malaysiennes qui se contredisent toutes les 24 heures, l'affaire commence à ressembler à un mauvais spin-off asiatique de Lost.

 

 

Forcément, dans ce grand flou à 35 000 pieds, les théories du complot s'engouffrent dans le couloir aérien. Pêle-mêle, il faudrait regarder du côté des terroristes ouïghours, de la Corée du Nord ou des aliens, dont les penchants kleptomanes ne sont plus à démontrer. A force de démonstrations ampoulées et de jugements à l'emporte-pièces, Michel Chevalet est aussi perdu que David Duchovny.

Piratage et piratage

Depuis ce week-end, on en sait un peu plus : l'avion a disparu des écrans radar à la suite d'une "action délibérée". En d'autres termes, quelqu'un aurait volontairement désactivé le système de transmission des données, après quoi l'appareil aurait pu voler entre 7 et 8 heures.

De là à dire qu'il s'agit du premier piratage informatique d'un avion de ligne, comme a pu le formuler une experte britannique de l'anti-terrorisme ?

L'idée n'est pas si saugrenue : l’année dernière, lors d’une conférence de hackers à Amsterdam, un consultant allemand a expliqué comment il était capable de prendre le contrôle total d’un avion, à distance, à l’aide d’un simple smartphone. Il en a même fait une application Android (non commercialisée) : PlaneSploit. Pour la faire courte, il suffirait de pénétrer malicieusement le système ACARS (Aircraft Communication Addressing and Reporting System), qui permet à l’avion de communiquer avec une station au sol. C’est d’autant plus facile à faire que le système en question est relativement peu sécurisé.


Avérée ou non, l'hypothèse met le doigt sur une contradiction qui sonne comme une erreur 404. Les avions de ligne sont des bijoux technologiques de plus en plus perfectionnés, ce qui réclame des systèmes de sécurité de plus en plus fiables. Mais parallèlement, les compagnies aériennes vivent encore dans le monde pré-Internet de la communication radio.

Pour résumer, c'est peut-être simple d'injecter un virus dans un avion, mais beaucoup plus compliqué de retrouver le coucou. Le temps qu'il faut pour mettre la main sur les boites noires lors d'un crash (deux ans et demi pour le vol AF447 Rio-Paris) est là pour le rappeler : un avion est un object connecté comme les autres. Enfin presque.

Olivier Tesquet

 


 

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Photo Flickr CC BY-NC-ND 2.0 David McKelvey

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