Non, myspace n'est pas (encore) mort

L'actualité numérique Vendredi 15 août 2014

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Non, myspace n'est pas (encore) mort
Racheté par Justin Timberlake, l'ex réseau social star des années 2000 tente de se réinventer comme service musical incontournable. On est un peu perplexes.

Aucun texte ne pourra décrire le destin du site Myspace aussi bien que la chanson débile Myspace tu vas mourir sortie en 2010 par les rigolos Rois de la Suède:

Petit flashback: MySpace, créé en 2003 par Tom Anderson et Chris DeWolfe, c'était le roi des réseaux sociaux au milieu des années 2000. Une sorte de bordel anarchique qui faisait réseau social avant Facebook, hébergeur de musique improbable avant SoundCloud et réservoir à gifs animés idiots avant Tumblr... Bref, un défricheur qui s'est fait devancer peu à peu par tous les concurrents plus jeunes cités précédemment, après avoir été racheté 580 millions de dollars par la News Corporation de Rupert Murdoch en 2005...Une mauvaise affaire puisque le nombre de membres a depuis fortement décliné.

En juin 2011, c'est pour une bouchée de pain de 35millions de dollars que le site a été racheté par...Justin Timberlake et le Specific Media Group, tandis que le site tentait de se refaire une jeunesse, sans succès, via divers redesign successif. Et le site de vanter via une vidéo publiée en juin 2013 son nouvel esprit, avec plein de guests genre Pharell Williams invités à faire le zouave devant la caméra:

Mine de rien, les efforts du site commencent à porter (un peu) leurs fruits. D'après le magazine spécialisé Billboard, Myspace a attiré 28,3 millions de visiteurs uniques aux States en juin – ce qui n'est rien comparé à un Facebook ou un Twitter, mais représente malgré tout une hausse de 356% par rapport aux 6,2M de visiteurs en janvier dernier. En plus des derniers changements de design, Myspace tente de produire du contenu exclusif – le site a ainsi relancé ses SecretShows récemment, en proposant notamment un concert de Spoon à New York. Pour Billboard, MySpace essaye ainsi d'avoir "un deuxième acte", un de ces comeback à l'américaine façon Steve Jobs à son retour chez Apple.

Le souci, c'est que Steve Jobs n'avait pas tardé à proposer des concepts fédérateurs ayant rapidement laminé la concurrence, pour le meilleur comme pour le pire. Du côté de myspace, à moins de sortir une fonctionnalité incroyable jamais vue ailleurs, pas sûr que le site qui a fêté ses 10 ans l'an dernier survie encore longtemps sur les Internets.

Alexandre Hervaud

Photo : capture d'écran de la page d'accueil de Myspace

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