Noël, c'est pas un cadeau : Barbie ouvrière

le Reportage de la Rédaction Lundi 16 décembre 2013

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Noël, c'est pas un cadeau : Barbie ouvrière
Direction la Chine, où les ouvriers ont trimé tout l'été pour fabriquer nos poupées Barbie. La rédac du Mouv' a rencontré un ouvrier chinois qui raconte l'envers du décor, dans un témoignage rare.

 

Gaële Joly a recueilli le témoignage d'un ex-forçat de la vie en fushia. Reportage en cliquant ci-dessus.

Derrière les murs des usines Mattel, « Life in Plastic, it's not fantastic ». Alors que chaque minute, 152 Barbie sont vendues à travers le monde, pour tenir la cadence, les ouvriers chinois triment jusqu'à treize heures par jour, sept jours sur sept, dans des conditions indignes, pour 190 euros par mois.

Heng Zang, lui, a vécu de l'intérieur ce cauchemar. Cet ouvrier reconverti en militant pour l’ONG China Labor Watch, a passé un mois, dans une usine de Shenzhen, près de Hong Kong, au Sud-est de la Chine. Témoignage rare, expérience éprouvante.

 

Des conditions de travail que dénonce depuis quinze ans l'association Peuples Solidaires, qui a organisé la semaine dernière un « happening » en plein Paris, à deux pas des grands magasins, pour alerter l’opinion publique. Dans une grande boite rose, ils ont présenté un nouveau modèle de Barbie en bleu de travail la bouche muselée et les bras enchainés.

 

Il faut dire que contrairement au textile ou à l'électronique, la situation empire dans le monde du jouet. Fanny Gallois spécialiste de la dignité au travail, et responsable de campagne à Peuples Solidaires pointe « la responsabilité du numéro 1 mondial du jouet Mattel ».

Une pétition pour libérer Barbie ouvrière © Peuples Solidaires

   
D'autant que Mattel a mis en place il y a quinze ans un code de conduite, que le numéro 1 mondial du jouet ne respecte pas, s'insurge Kevin Slaton, le responsable de l'association China Labor Watch.

Ce qu'on veut dire c'est que Mattel doit respecter les engagements qu'ils ont pris en 1997. Respecter les droits des ouvriers et respecter le droit du travail en Chine. Depuis plus de 15 ans Mattel n'a pas tenu ses promesses. Ils mentent à l'opinion publique et ils ne respectent pas les ouvriers en Chine.


 

Heng Zeng, lui, veut continuer a se battre, mais notre témoin chinois sait qu’il risque gros si les autorités chinoises découvrent son identité.

 

Malgré la peur cet ancien ouvrier reconverti en militant retournera enquêter dans les usines chinoises. Chez Mattel, mais aussi chez Apple Samsung et même le Français Carrefour, accusé par China Labor Watch. de ne pas toujours régler les heures supplémentaires de ses ouvriers.

Reportage pour le Mouv' signé Gaele Joly.

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