Nirvana et puis quoi ?

La Pop au carré Mercredi 02 avril 2014

Réécoute
Nirvana, et puis quoi ?
Le 5 avril 1994, Kurt Cobain se donnait la mort dans sa villa de Seattle, laissant derrière lui des centaines de milliers de fans et une scène bouillonnante. Vingt ans plus tard, les jeans troués sont de retour dans les cours de lycées et le grunge semble avoir trouvé un second souffle.

C'était un beau lundi de printemps. Dans le bus qui nous emmenait au collège, on écoutait comme tous les matins la cassette d'In Utero. Seulement la face A, la durée du trajet ne permettait pas d'aller plus loin. Mais ce matin là le riff lancinant d'Heart-Shaped Box nous semblait encore plus toxique que d'habitude.

Au début du week-end Paul Amar avait annoncé la mort de Kurt Cobain dans son JT, en se trompant sur son âge, derrière un sujet sur Emile Cacheux, facteur à Roubaix.

 
A l'époque, les jeans déchirés et les chemises en flanelle trop larges avaient valeur d'uniforme. Aujourd'hui pour les ados, Nirvana, c'est du patrimoine, le temoignage d'une période révolue qui a laissé quelques titres dans leur iPod.

William, 16 ans : "le monde a changé, mais Nirvana ne vieillit pas" © Sébastien Sabiron

 

 

"La pochette avec un bébé tout nu"
 
 
 
 
Grâce à leurs grands frères et à leurs parents, ils connaissent surtout "la pochette avec le bébé tout nu sous l'eau", citent "Come as you are" et "Smèle laïke tine spirite".
   

Les plus téméraires avouent que le "crunch" n'est pas leur style musical préféré.

 

 
 
 

Grunge's not dead

Et pourtant le grunge n'a pas dit son dernier mot. Côté fringues, il s'invite sur les podiums, chez Mark Jacobs et Yves Saint Laurent. Côté son, il fait le bonheur des disquaires, qui notent une hausse des ventes sur les rééditions vinyles des groupes de l'âge d'or. Toma est disquaire à la Fabrique Balade Sonores à Paris. Son bac 90's est en constant réassort :

Nous avons Nirvana bien sûr, le plus gros vendeur, mais aussi Sonic Youth, les Smashing Pumpkins, Alice in Chains, Hole, Stone Temple Pilots, Vaseline... Il y a une double demande : La génération qui a grandi dans les années 90 est restée fidèle à cette scène ; et puis une nouvelle génération qui s'interesse à l'histoire du rock, dont le grunge fait partie.


Toma de la Fabrique Balades sonores © Sébastien Sabiron

Si les mastodontes du grunge se vendent bien, le son de Seattle influence aussi la scène indé du moment. Parmi les dignes héritiers de Kurt : Speedy Ortiz, combo indé du Massachusetts ; Perfect Pussy, un rock poisseux sous influence Riot grrrl (on pense à Hole, Peaches, L7...) ; ou encore Cloud Nothings, qui vient tout juste de sortir son nouvel album.


Néo-grunge bourguignon

Plus proches de nous, les quatre bourguignons de Johnny Mafia, à peine 20 ans de moyenne d'âge, se recommandent eux aussi de Nirvana. Une influence que l'on retrouve dans leurs riffs, passage obligatoire selon Théo, le chanteur :

On en écoute beaucoup et dès qu'on essaie de composer un truc grunge, on retombe forcément sur des suites d'accords qui font penser à Nirvana. Il faut s'en méfier et le faire avec parcimonie, au risque de parodier. A moins d'être très balèze.


 


Johnny Mafia est sélectionné pour les iNOUÏS du Printemps de Bourges, du 23 au 26 avril prochain. Pogo obligatoire.

Reportage, texte, photos : Sébastien Sabiron.
Illustration de couverture : cc Flickr DarrelBirkett



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