Nicolas Bedos, subversif ?

Rien à voir Mardi 21 janvier 2014

Réécoute
Nicolas Bedos, subversif ?
Le sketch de Nicolas Bedos sur Dieudonné fait couler tellement d'encre que Nadia Daam a décidé de le remettre à sa place.

 


Hier, en début d’après-midi, je marchais peperlito dans la rue. J’étais de super bonne humeur : faut dire qu’il y avait des paupiettes à la cantine le midi, que la nouvelle saison de Top Chef commençait le soir-même, et que Top Chef, c’est la vie.

Pour toutes ces raisons, je marchais d’un pas allègre, alerte et confiante dans la rue, le cœur en joie et l’esprit léger quand tout a coup : un kiosque à journaux.

Intriguée par les appels de Une de la presse féminine qui me faisaient moult promesses tels que Perdez cinq kilos en ne mangeant que les jours pairs ou encore 40 ans c’est le nouveau 20 ans, je me retrouvais nez à nez, avec la Une du quotidien de référence, Le Monde.

Et quelle ne fut pas ma surprise, quand je découvris en première page, non pas Bachar el-Assad, au cœur de l’actu avec la conférence de Genève, mais Nicolas Bedos, dont la dernière actu repose probablement sur les chlamydiae qu’il a chopé samedi soir au Baron.

Mais bon, Le Monde a jugé bon de consacrer une partie de sa Une et une interview à l’humoriste Nicolas Bedos. Je m’en fais donc le relais.

Et croyez moi, ça fait péter tous mes plombages de mettre "humoriste" et "Nicolas Bedos" dans la même phrase. Mais soit. Ce sont les termes utilisés par le quotidien.

Le Monde donc, consacre une interview fleuve à Nicolas Bedos, notamment à propos de son "sketch" diffusé dans l’émission de Laurent Ruquier On n’est pas couchés le samedi soir, sur France 2.

Pour ceux qui l’ont raté, je rappelle que Nicolas Bedos y réagissait à la polémique Dieudonné en inventant une discussion avec un fan de Dieudonné et que pour ça il s’était lui-même affublé d’une barbe puis d’une moustache façon Hitler.


Le fan de Dieudonné mimé par Bedos avait par ailleurs un fort accent de banlieue et exerçait, évidemment, la profession de vendeur de shit au pied des barres d’immeubles. Parce que c’est bien connu, les fans de l’ex-comique Dieudonné devenu antisémite sont tous affublés de survêt' Lotto, de basquets Requins, et d’un lourd passif à la brigade des stup'.

Et aussi parce que la subtilité, c’est pour les ploucs !

Mais je voudrais juste vous citer quelques morceaux choisis de cette interview. A la remarque, énoncée par la journaliste "mais quand même, ce sketch a suscité des réactions très contrastées", Bedos répond avec la modestie qui le caractérise :

On ne peut pas plaire à tout le monde (…) jamais mon père, Pierre Desproges ou Coluche n'ont eu à subir les procès aveugles et paranoïaques qui me sont faits.


 

Réflexion suivie du point "Internet file le cancer du cerveau" : “Certes, ils n'étaient pas multi-rediffusés toute la semaine sur Internet”.

Sur les conséquences de ce fameux sketch, Nicolas Bedos raconte qu’il est aujourd’hui

obligé de vivre chez un ami suite à des centaines de menaces parfois de mort.



Oui, Nicolas, c’est très bien, dans l’absolu, de t’être attaqué à ce résidu de peau morte que constitue Dieudonné, mais faudrait voir à pas en faire trop dans le registre “prisonnier politique”. D’autant que ta prison à toi, ce doit être la garçonnière d’un ami, soit un duplex rive gauche, avec un frigo qui distribue des glaçons et du GHB. Et enfin, sur la question de la censure dont il aurait pu faire l’objet par France 2, Nicolas Bedos répond que non, rien n’a été coupé au montage parce que  “Laurent Ruquier et Catherine Barma, la productrice d’ On n’est pas couchés, sont des gens rares à la télévision française”.

Ok, pourquoi pas après tout. Mais je tiens quand même à dire que si On n’est pas couchés, Laurent Ruquier, et Catherine Barma, qui est je le rappelle, la femme qui a introduit, ou plutôt inoculé Jean-Marc Morandini, dans le PAF, si tout ce petit monde représente la subversion, on n'est pas dans la merde. Parce que quand même la subversion est à Laurent Ruquier ce que le punk est au Modem.

Pour conclure, loin de moi l’idée de polémiquer avec Nicolas Bedos, d’autant que si je le dis vite, il risque de croire que "polémiquer" est une invitation à un gang-bang. Surtout qu’une miss météo d‘une chaîne pas assez cryptée l’avait, soi-disant, remis a sa place en suggérant, ô scoop, qu’il avait un prépuce à la place du cervelet.

Cher Nicolas, aujourd’hui, pour ce sketch, cette Une du Monde, et tout le reste de ton œuvre, je te souhaite une bonne gastro.

Je t’embrasse pas Nicolas, tu piques avec ta fausse barbe*.

Nadia Daam


 

*formule hommage à Christophe Conte

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